EMI: Expérience de Mort Imminente
L'Expérience de Mort Imminente (EMI ou NDE) est, au sens strict, un "symptôme" repéré et associé à la "mort clinique" (arrêt cardiaque, coma, anesthésie…). Leurs récits, largement médiatisés, ont permis de dégager des constantes: décorporation et phase autoscopique, "effet de tunnel", rencontre et communication avec LA lumière et/ou des entités, visions diverses… jusqu'à une limite de "non-retour". Malgré la diversité des récits, leurs contenus sont indépendants des conditionnements socio-culturels ou personnels de l'Expérienceur et, en France, on estime que 3% de la population auraient vécu ce type d'expérience.
Vannina Schirinski
Un soir de Juillet,dans notre maison de campagne nous descendions ma grand-mère et moi, (j'avais alors quatorze ans), vers la cuisine, afin de nous faire quelque chose de chaud à boire avant d'aller dormir. J'avais depuis toujours l'habitude de marcher pieds nus, et ce soir là je l'étais une fois de plus. Arrivées dans le hall d'entrée,ma grand-mère note que le lampadaire en fer forgé qui éclaire habituellement ne fonctionne plus.
Je m'approche du-dit lampadaire, me penche sous l'abat-jour et tends ma main vers la douille. Dans la semi obscurité je ne vois pas tout de suite qu'il n'y a plus d'ampoule. A peine je le découvre, que mon index est irrésistiblement attiré vers le centre où se trouvent les plots qui font contact. Une personne a retiré l'ampoule sans débrancher la prise.
Je sens alors une douleur immense parcourir mon corps, ainsi qu'un coup sourd qui résonne à mes oreilles, et que que j'identifie de façon instinctive comme étant mon cœur qui donne son ultime coup. Un cri de bête sort de moi, et je ne peux plus rien faire pour extraire mon doigt de cette satanée douille. Mes pieds nus sur le carrelage n'arrêtent pas le courant, mais le font circuler en circuit fermé à travers mon corps.
Au même instant,( je ne saurais dire une unité de temps, une seconde peut-être), je me retrouvai en dehors de mon corps.
Je pouvais voir à 360°( ce qui est fort pratique), et voyais tout ce qui se passait, non pas avec mes yeux charnels, mais avec tout mon "corps" , enfin ce qui y ressemblait, car j'étais comme un nuage, et ma vision n'existait que par la concentration de ma pensée vers un point précis.
Je vois ma grand-mère paniquée courir autour de mon corps ne sachant que faire ; je vois ce dernier toujours collé et secoué de spasmes rapides et contractés, et qui continue de crier. Personnellement, je me sens merveilleusement bien. J'observe tout cela avec détachement. Je vois un nuage rose flotter autour de ma grand-mère, et je ressens que c'est l'amour qu'elle a pour moi. Des éclairs rouges vifs percent ce nuage d'amour, c'est sa peur.
A ce moment, je sens une présence sur mon côté droit. Je me concentre sur celle-ci. Je "vois" un autre nuage , ou brume lumineuse ayant vaguement une forme humaine et de couleur rose fuchsia. Cet être, car je ressens des émotions provenant de lui, m'envoie un amour comme jamais je n'en avais ressenti dans ma courte et ignorante vie. Un Amour absolu, inconditionnel, quelque chose d'entier et de doux à la fois. Cet être qui n'est pas sexué, me parle par transmission de pensées et d'émotions. Il et elle, me demande de me concentrer vers un point un peu plus haut situé dans l'espace du hall d'entrée de la maison.
Apparait un écran lumineux, un peu vague sur les bords, il flotte au dessus de moi en décalé, et je vois sans aucune surprise ma petite vie défiler.
Je peux aussi ressentir chaque émotion mienne, mais aussi celles des personnes qui furent autour de moi.
Quelle déception de ma part. Je découvrais que la seule et unique chose que je n'avais pas vraiment poussé jusqu'au bout et qui comptait véritablement dans une vie, c'était Aimer. Aimer les autres, même les personnes qui nous étaient étrangères, et montrer d'une façon ou d'une autre cet amour, ne pas le garder pour soi.
Puis l'être de lumière, me demanda si j'étais prête à partir. -"Quatorze ans c'est un peu jeune pour mourir" me dis-je laconiquement à moi même, " mais s'il faut partir, alors O.k." -"c'est d'accord je pars" dis-je décidée à l'être rose.
Pendant ce temps là mon corps vivait sa vie de son côté ; ma grand-mère toujours en panique autour de lui, et mon frère, sorti de son lit en catastrophe, à moitié nu, au son de mon cri de film d'horreur, tentaient de me porter secours.
Au moment même où je donnais mon accord pour partir à l'être de lumière ( et non je ne dirais pas un ange, parce qu'il n'avait pas les ailes et tout le barda qui l'attife dans l'iconographie traditionnelle), je sens que le haut de mon être est comme ouvert par le "crâne" et une douche de savoir y pénètre d'un coup.
Je récupère la mémoire de mon âme. Tout ce que nous oublions à notre naissance, je le récupère. Qui je suis vraiment, ce que je suis venue faire dans cette vie. Certaines de mes autres vies, une conscience profonde de "l' Amour inconditionnel", du rôle de chaque être dans une vie, le pourquoi d'une vie etc... Bref d'un bloc je reçois tout ça, sans broncher. Je récupère mon paquetage de sortie d'incarnation.
Mais au même moment, ma grand-mère trouve le moyen de décrocher mon corps du lampadaire, et alors que je m'apprêtais à partir dans une quiétude délicieuse, me voilà violemment ré-encastrée dans mon corps.
Et mal de surplus. Car j'ai la sensation d'avoir les yeux dans mon front. Je suis aveugle, je ne vois rien, j'entends, je suis encore dans la paix d'avant, mais aussi dans l'horrible sensation de mon corps, dur , froid , humide, étroit. C'est insupportable, et une violente colère me saisit, car chaque main qui me palpe, me soutient pour me redresser est une souffrance et un dégout. Je réussis à dire quelques mots de protestation, je dis que je vais bien, et d'une part c'est vrai, car personnellement je n'ai rien, c'est juste cette fichue boîte, ce corps qui ne fonctionne pas, mais les voix autour de moi me disent que ça va très mal.
Bref au bout de plusieurs minutes, je réussis à récupérer la vue. Personne n'a l'idée d'appeler un médecin, car il est presque minuit et à l'époque en pleine campagne auvergnate, c'est du domaine de l'impossible.
Alors voilà que commence dès le lendemain, ma nouvelle vie. Me voilà née à une autre vie. Jamais je n'aurais cru que là commençait aussi un autre enfer. Mon père à l'époque était reporter, il lui faut donc des faits tangibles et concrets, et puis étant passé chez les jésuites, la foi, Dieu, le paradis, la réincarnation et la vie après la mort, ce sont de vastes conneries pour lui.
Donc je n'ai pas reçu d'éducation religieuse, mon père est totalement contre. Nous somme orthodoxes de tradition du côté de ma mère, mais c'est plus pour le folklore que pour l'apprentissage du dogme. Bref, à table on parle de tout, sauf de ces " foutaises ". Et mon père quand il se mettait en colère ne le faisait pas à moitié. La tolérance concernant la spiritualité, lui il ne connait pas.
Me voilà donc avec de nouvelles convictions. Et permettez moi de vous dire que je n'aurais laissé à personne le droit de contester cette toute nouvelle vérité qui venait de s'offrir à moi. Je savais que la réincarnation existait. Je savais que mes parents de cette vie ne l'étaient pas de toute éternité et donc je n'obéissais plus à l'autorité de façon aveugle, mais parce que je considérais que cela était motivé par un but juste, et plein d'amour à mon égard.
J'avais une foi à déplacer les montagnes ; quant à l'existence d'une énergie "divine", qui ne m'était plus étrangère ; une énergie qui ne ressemblait en rien ou peu de choses que j'avais observé chez les copains qui faisaient du catéchisme, et qui tentait de m'expliquer la soumission à Dieu. Me soumettre sans comprendre?? Jamais !
Étrangement, je devenais réfractaire à toute autorité abusive, et non justifiée.
L'age ne comptait plus, seule l'age de l'âme et son expérience comptait (et compte toujours ) pour moi. Que la personne soit un être de pouvoir ou un moins que rien, intelligent ou cultivé à l'extrême ou un un simple d'esprit, m'était égal. Ce qui en faisait sa valeur réelle à mes yeux, c'était sa capacité à l'Amour, sa qualité de cœur. L'amour de son prochain, sa tolérance, sa compréhension et sa bienveillance. Son don de soi aux autres, même de façon discrète.
Je ne vous raconte pas les problèmes que j'ai eu avec les professeurs du type classique ( apprends, ne réfléchis pas et tais-toi).Je posais mille questions, je voulais comprendre le fondement de tous les savoirs.
Je me mettais à dos les élèves parce que j'avais de la compassion pour les professeurs, même les plus revêches, qui avaient des difficultés en cours avec les dits élèves. Une capacité d'empathie m'avait saisie, j'observais tout des autres, et décodais leurs comportements pour mieux les comprendre, et si parfois je pouvais les aider, en silence, je le faisais.
J'avais un contrat, appliqué en moi depuis mon expérience de reprise de conscience. Je ne devais convertir personne, ne convaincre personne, car l'absolue vérité est que chacun doit choisir sa propre route. Même si je me trouvais persuadée que la personne se fourvoyait, je ne devais rien dire, si elle ne me demandait rien.
J'ai vécu des moments ou la langue me brulait, des problèmes évidents se profilaient, j'avais des bouts de solution, des bout de simplification, mais tant que personne ne demandait je devais rester là sans rien faire, muette.
Laisser les autres croire que la mort est une fin de tout. Laisser quelqu'un se faire laminer par l'abus de pouvoir d'un autre, (bon là je plaide coupable, j'étais souvent saisie du syndrome de Zorro et je volais au secours des autres, et c'était parfois une erreur), voir des personnes se faire maltraiter et abuser parce qu'elles se sentaient trop faibles, trop amoureuses, alors qu'il suffisait qu'elles apprennent à s'aimer elles d'abord et avant tout pour être mieux aimées et respectées.
Bref, ma vie était une souffrance. Je souffrais pour les autres. Je souffrais d'être de nouveau dans cette vie de contrainte, froide, sans amour, violente, et triste, alors que j'avais vécu l'absolue félicité de l'autre côté. Je souffrais d'être contrainte à l'impuissance, je souffrais de ne pouvoir hurler aux prêtres catholiques qu'ils étaient, pas tous mais pour la plupart, des crétins esclavagistes qui faisaient stagner l'évolution spirituelle de l'humanité. Je prenais en grippe, tous les maîtres, gurus, et autres illuminés et extrémistes, qui manipulaient les foules pour leur propre bénéfice.
Plus tard aux mariages de mes amis, quand j'entendais le discours culpabilisant et bêlant du prêtre, j'avais envie soit de rire aux éclats, soit de rugir contre le crime contre l'Amour véritable, que ce représentant d'une soi-disant religion d'amour commettait.
Quand mon père disait pour la énième fois que les scientifiques prouvaient que Dieu était de la foutaise et qu'après la mort il y avait le néant et que c'était ça qu'il était convenable de croire et rien d'autre,et qu'il interdisait tout autre croyance, j'avais la rage qui me montait aux lèvres.
J'ai eu deux autres accidents, après l'électrocution, et à chaque fois j'ai retrouvé cet état de bien-être, de liberté, de paix et d'Amour. Mais je suis toujours revenue.
Par la suite,dans mes journées je me posais des questions comme: -" Qu'est-ce qu'est réellement Dieu, à la fin ? Tout le monde en parle différemment et personne ne sait. Je veux savoir". ou encore: -"Qu'est ce que la différence entre l'Amour et la Haine ? " J'ai reçu des réponses pour ces deux questions et pour toutes les autres que j'ai posé.
J'avais alors quinze ou seize ans, pas le temps de faire une crise d'ado, je n'avais plus seize ans mais, cinquante, cent, mille, qu'importait l'âge, qu'importait mon sexe, j'avais retrouvé des souvenirs personnels dans des incarnations d'homme. J'avais été père, guerrier, prêtre ( donc il me semblait que je connaissais le sujet quant à la conversion) marchand, etc...
La nuit, dans mes rêves, m'apparaissaient des êtres de lumières d'une autre couleur, ils me répondaient sur les questions que je formulais la journée. Je vivais Dieu, donc, et ce qui me fut montré dans la moindre cellule de ma conscience était une idée d'universalité, d'unicité, d'Amour absolu. On me fit avoir la conscience d'une cellule, qui explosa en des milliers, et on me dit: -" C'est ça Dieu, tout en Un et Un en tout. Tu peux être en toi, dans ta conscience propre, et en même temps être dans toutes les consciences et les cellules externes à toi même.
La différence entre la haine et L'amour, ce n'est rien, pas de différence. Un être de lumière du bout du doigt me dessina dans l'espace un gros cœur, et un bouton de volume apparut en dessous. -" Tu vois ce rose tendre qui colore le cœur?" -"Oui" -"C'est l'amour maternel, celui que s'échangent une mère et son enfant". L'être pousse le volume au milieu. Le cœur prend une couleur rouge profond. -"Cela c'est la passion, celle que se portent deux amants". Il pousse le volume à fond. Le cœur devient d'un noir absolu. -"Et voilà, ça c'est la haine, c'est de l'Amour non exprimé, frustré, une concentration d'Amour réprimé et bloqué. Si tu comprends cela, tu ne haïras plus car tu sais que tout est Amour."
Ainsi J'ai aussi éradiqué de moi la jalousie et la possessivité aveugle. Je considère que personne ne peut plus m'appartenir sous prétexte d'Amour ou d'engagement scellé par un bout de papier ou d'une litanie ânonnée sans conviction dans un lieu religieux. Seul l'amour fait loi. Et ce qui est bien dommage et si difficile ensuite, c'est que l'amour est bien la dernière valeur à la mode dans le monde actuel.
Voir aussi : une réflexion personnelle pour 2010
Pierre Roulet
Circonstances : je déclare une varicelle ( contractée auprès de mes enfants.), mauvaise pioche, cela tourne très mal. 1er Juillet 1999, au cours d'une visite d'un médecin à mon domicile, celui ci me trouve à 2 doigts de la catastrophe ( pneumopathie avec syndrome de détresse respiratoire aiguë ). Samu et réanimation ou l'on me plonge dans le coma si je n'y étais déjà. Merci l'hôpital de proximité car 20' de plus et je ne pourrais vous l'écrire ( enfin merci ? ) . .
48 heures + tard on demande à ma femme de prévenir la famille que mon cas est désespéré et que je ne survivrai pas. Pour moi tout va bien, je découvre avec stupéfaction l'envers du décor, je vagabonde sans contrainte, sans appréhension, sans souffrance : il me suffit de penser à une personne et je suis en prise directe sur sa conversation ou sur ses pensées. Pourtant j'ai tout de même un corps mais version ligth, soft.
La très nette impression que de ce coté c'est la vérité, l'autre coté semble factice , limité , en prise avec le temps dans une direction unique. De plus les gens d'ici bas ne vous entendent pas, des poissons rouges qui n'entrevoient rien de ce qui entoure réellement le bocal.
Et puis il y a la preuve par 9 : cet examen. Une femme amène le matériel d'échographie, je madresse à elle en vain pour lui dire qu'elle devrait arrêter de me regarder de la cette manière et surtout de *penser* que je ne suis qu'un légume. Pourquoi celui ci porte t' il un logo CHU de Roanne sur sa blouse, alors que nous sommes à Thiers ? - Fais voir sa vésicule, c'est de la boue ... - Fais voir le foie , non mais t'as vu ce foie ! Enorme ! ce n'est qu'un œdème ce type ! - Le cœur ? t'as vu la taille du ventricule ? énorme pfuuuuu. Ouais, he ben c'est peut être pour ça qu'il est encore vivant...
Cette scène ? je ne pouvais pourtant pas en avoir connaissance : Vous n'étiez pas en état de percevoir quoi que ce soit et surtout pas des détails visuels. -Vous êtes de ceux qui on vu le tunnel ? la lumière ? ( goguenard et incrédule malgré le trouble visible.) Et puis il y a le "tribunal "dans une sorte de château médiéval avec cette cacophonie de gens pas d'accord ---> Pas jugé , mais puni quand même : il va faire du rab...
Les visions : sur mes années a venir, elles se réaliseront presque toutes sur 9 ans, il n'en reste qu'une ou deux, mais vu la précision des précédentes je sais qu'elles se vérifieront tôt ou tard. Elles concernaient pour la majorité ma vie à venir. Balade flottante, tranquille autour du CHU et enfin une rencontre avec un type qui me voit, m'entend, me* pense*. Il me donne le choix devant deux portes : Celle là, tu rentres chez toi, mais je te préviens cela va être dur. OK je rentre, je ne peux pas laisser Jeanjean et Jessica seuls avec leur mère. Le retour à mon corps est une horreur de souffrance, j'avais tout simplement oublié que c'était cela la vie, de la souffrance et de l'ignorance à 90%. Plus tard, ballade encore mais réintégration dans un autre corps avec d'autres pensées ( et pas les miennes ) : une femme ! L'expérience est incroyable, déroutante, elles pensent deux mille fois plus qu'un homme. Et ce sentiment de mère ? c'est proprement hors de portée d'un homme. Il me faudra beaucoup de temps pour me ré-accepter en tant qu'homme, y compris physiquement.
L'année de ma renaissance sera celle des changements fondamentaux dans mon comportement, mes valeurs, ma vision de la vie, de l'après vie, des hommes, du respect des autres. Presque dix ans plus tard, il n'y a pas un jour où je ne pense à cette aventure et où je me rassure en me disant que mon tour reviendra, je l'attends sereinement et je profite de ces jours "terrestres" ou tout du moins je les accepte, en essayant d'être meilleur et de faire partager mes certitudes, mais cela est très difficile de convaincre les autres à concevoir l'inconcevable.
Il me restera des capacités accrues au niveau de la perception de notre monde et un niveau d'intuitionnisme tout à fait record ( d'après un cabinet de recrutement suite à un test sur l'intuition ). Les années qui ont suivi cette expérience ne sont en fait que la partie désagréable de cette épisode, une vraie galère liée à ma transformation comportementale, à mes certitudes inutiles et stériles. Aujourd'hui je me demande si je ne me suis pas trop restreint dans cette transformation initiée par l'expérience fondamentale, si je n'ai pas inconsciemment limité ma capacité à percevoir, dans le but de moins souffrir. Je devrais engager un travail sur moi même dans le temps qu'il me reste à passer de ce côté.
Nicole Canivenq
«Mon nom est Nicole Canivenq, j'ai 38 ans et je vis près
de Montpellier en France.
Avant de vivre cette expérience, j'étais plutôt une personne
gaie, optimiste, concrète et rationnelle, avec un bon sens des responsabilités
et le goût de postes d'encadrement et de motivation d'équipes (c'était
important pour moi d'aider les autres à se surpasser dans leurs résultats).
J'ai toujours travaillé dans le secteur commercial d'abord en tant qu'attachée
commerciale puis à des postes d'encadrement d'équipes de ventes.
Je voulais « réussir » dans la vie et cela passait par une
carrière professionnelle pour être « reconnue » comme
quelqu'un d'important et de valable. Mes priorités étaient liées
aussi au secteur associatif puisque je faisais partie de diverses associations
à vocation humanitaire. J'étais aussi bénévole pour
animer des émissions de radio et cela me plaisait beaucoup.
Le 6 mai 2003, j'ai eu un accident grave de voiture, j'étais seule au
volant de ma voiture quand tout est arrivé. Je circulais sur une route
nationale entre Brive et Souillac, je rentrais à mon domicile après
avoir passé un entretien pour un emploi de formatrice à la Chambre
de Commerce de Brive (France). J'étais plutôt contente et bien
dans ma peau car l'entretien était favorable pour des vacations (des
missions ponctuelles où l'on anime des sessions de formation) à
venir. Il devait être 12H30 et j'ai pensé à téléphoner
à mon ami pour le prévenir de mon arrivée imminente mais
je ne l'ai pas fait car j'ai songé que cela était dangereux de
chercher mon téléphone portable et de téléphoner
en voiture. De toutes façons, je n'étais plus très loin,
peut-être une dizaine de kilomètres tout au plus ... Et puis soudain,
tout s'est brusquement arrêté.
Ensuite je n'ai aucun souvenir. Il n'y a pas eu de témoin du moment de
l'accident et donc on ne peut plus savoir ce que j'ai vu ou fait à ce
moment là. J'ai en tous cas quitté la nationale et foncé
dans un arbre sur le bas côté de la route. Ma voiture a dû
effectuer des pirouettes car elle était dans le mauvais sens par rapport
au sens de circulation de la route.
J'ai vu un très beau gazon vert, d'un vert parfait, lumineux, harmonieux.
L'herbe était parfaitement taillée, c'était très
beau. J'étais là mais je ne me voyais pas, je pense que je n'avais
pas de corps. Et puis des « êtres » blancs plus ou moins définis
dans leur forme apparurent au loin dans cette clairière et ils s'avancèrent
vers moi en riant. Il y avait devant sur une « première ligne »
si l'on peut dire, des êtres de petite taille. On aurait pu dire des «
enfants » et derrière eux un peu plus loin, des êtres grands,
peut-être des « adultes ». Ils n'étaient pas
vraiment avec un corps comme nous mais une sorte de forme qui ressemblait à
un corps. Ils étaient d'un blanc transparent, lumineux et beaux. Il rayonnait
d'eux leur rire clair joyeux, merveilleux…comme un carillon, très
gai. Ils venaient vers moi en riant et c'était merveilleux. C'est comme
si j'étais accueillie par ces êtres de lumière. J'ai été
envahi à leur arrivée d'un sentiment d'Amour indescriptible avec
des mots. Comment expliquer l'inexplicable ? C'était de l'Amour à
l'état pur, comme je n'en ai jamais connu sur la Terre. Un amour absolu,
inconditionnel, éternel pourrais- je dire, total. J'étais heureuse,
très heureuse, sereine, en paix et dans une sorte de béatitude
comme jamais je n'en ai connu auparavant. Les mots ne peuvent dire ce que j'ai
connu dans ce moment ineffaçable de ma mémoire. Les sensations
sont si puissantes et en même temps si difficiles à expliquer avec
notre vocabulaire ici sur Terre. C'est une expérience inoubliable de
l'Amour inconditionnel et de la Joie. Je voulais rester avec eux.
Je n'ai pas connu le « tunnel » dont beaucoup parlent ni même
le « panorama de vie ». Mon expérience a été
directe dès que je me suis retrouvée sur ce gazon. Très
vite les êtres blancs sont apparus au fond de la clairière et ils
glissaient vers moi. Ils semblaient très légers, tout comme moi.
Ils devaient être environ une dizaine en tout et je ne les « connaissais
» pas au sens de membres connus sur la Terre mais bien sûr je les
connaissais d'une autre façon. Je n'ai pas du tout eu peur. Au contraire,
j'étais comme retournée chez moi, dans notre vraie demeure.
L'émotion connue ce jour là est d'une intensité indescriptible
avec les mots.
Pour ce qui est de mon retour dans mon corps, je pense - mais c'est ma supposition
– que c'est les pompiers qui ne m'ont pas lâché et donc pas
laissée partir vraiment. Car lorsque j'ai ouvert les yeux (ils me harcelaient
pour je les ouvre, pour je regarde) j'ai vu le volant tout déformé
de ma voiture, la douleur immense m'a totalement submergée avec une violence
horrible dans tout le dos, les omoplates, le cou et je n'avais qu'une envie
: refermer les yeux. Mais durant tout le temps de la désincarcération,
un pompier était dans l'auto avec moi sous une couverture (pour les débris
de verre m'avait il expliqué) et il me tenait la main et me répétait
d'ouvrir les yeux encore et encore. C'est à ce moment je crois que je
suis vraiment revenue… Là aussi ce fut très brutal pour
moi de passer de la béatitude et l'Amour à la réalité
horrible de la douleur et de la gravité de ce qui m'était arrivée
car j'ai compris tout de suite que c'était lourd et grave.
Le retour à la réalité fut très long et difficile
pour moi. D'abord j'ai dû être soignée et cela a pris un
an entre l'hôpital et la rééducation puisque j'ai frôlé
la tétraplégie (fractures de vertèbres multiples et instables,
épanchement au poumon gauche et dix côtes cassées). Je n'étais
pas opérable et on a dû laisser faire la Nature. Je crois que j'ai
parlé de mon expérience à ma mère à l'hôpital
une fois au tout début en soins intensifs. Puis c'est comme si j'avais
tout oublié. En tout cas j'ai mis tout cela dans un coin lointain de
ma tête. Personne n'a vraiment pu m'aider pendant longtemps car
je n'osais pas y penser ni même en parler. Puis l'an dernier, les choses
sont revenues fortement à mon esprit d'autant que j'ai connu encore des
épreuves : rupture sentimentale, licenciement pour inaptitude physique,
statut de travailleur handicapé, dépression, perte de revenus…
La vie sur Terre n'avait aucun intérêt pour moi et j'ai été
très nostalgique de ces êtres et de cet Amour total et merveilleux.
Puis une fête m'a beaucoup aidée à ressentir que la vie
sur Terre peut être autre chose que ce que la société actuelle
nous propose (voir nous impose) : c'est les journées de la Paix, fête
libre et sans contexte religieux. J'ai vu la vie sous un angle enfin beau, avec
la vie qui simplement s'écoule dans la nature, avec les cercles de paroles
pour échanger entre êtres humains… Cela m'a fait un déclic
et je me suis rapprochée – dans mes lectures et centres d'intérêts
– des premiers peuples autochtones en particulier les Amérindiens
que je trouve extraordinaire dans leur sens du Sacré et leur connexion
à la Terre. C'est eux qui m'ont redonné le courage d'essayer de
vivre encore ici sur la Terre. J'ai été longtemps perplexe d'être
« revenue » sur Terre car je n'ai pas d'enfant. Je n'avais pas de
raison particulière d'avoir choisi de revenir. Je me demande encore aujourd'hui
si j'ai fait ce choix réellement ou si « ils » ont décidés
qu'il fallait que je revienne pour faire quelque chose sur la terre. Dans mon
souvenir, je voulais rester avec eux pour toujours, l'énergie d'Amour
reçue est si belle.
Puis j'ai lu mes premiers livres sur ce que l'on nomme les NDE (Near Death Experience)
avec le livre du Dr Moody en premier que j'ai acheté l'an dernier pour
mon Noël. Cela m'a bien sûr rassurée de savoir que je ne suis
pas seule à avoir vécu cela car même si c'est une expérience
extraordinairement belle à vivre, le retour sur la Terre est extraordinairement
dur à subir. C'est comme quelqu'un qui connaît un bonheur immense
et qui perd ce ou la personne qui lui a fait vivre ce bonheur merveilleux. Le
choc est total.
L'impact de cette expérience est de toutes façons énorme
même si je pense que je n'en mesure pas encore toutes les conséquences
à venir. Mes valeurs ont tout à fait changées et l'argent
n'est plus un centre d'intérêt majeur, ni donc la réussite
sociale. Pour moi, cela est terminé, ce n'est plus ma quête. Je
suis très orientée vers les thérapies, ce qui peut guérir
l'être humain et j'ai commencé l'an dernier en septembre une formation
pour devenir sophrologue. Je travaille aussi actuellement sur un mémoire
à l'université de Montpellier sur l'impact des émotions.
Mes relations ont évoluées aussi et je suis plus intéressée
qu'elles soient équilibrées, dans le partage équitable
du donner et du recevoir alors qu'avant je me laissais parfois embarquer à
donner sans recevoir grand-chose (en amitié). Avec ma famille, je pense
que les évènements ont été choquants et que cette
NDE que j'ai vécue est encore un peu « mystérieuse »
pour certains membres. Peut être n'y croient-ils pas ?
Mes centres d'intérêts ont évolués et je m'oriente
nettement vers les traditions chamaniques dans lesquelles je trouve pour l'heure
une grande inspiration et une grande aide pour concevoir la Vie de façon
beaucoup plus vaste qu'une pauvre vie isolée. Je pense aller rencontrer
des tribus et vivre du temps avec eux. C'est important pour moi de trouver l'authenticité
et ce qui est juste.
La mort pour moi n'était déjà à priori pas une fin
en soi. Aujourd'hui au vu de ce que j'ai vu et connu, il est clair que
la Mort n'est pas du tout une fin. Au contraire, c'est le passage vers un nouvel
état. Peut-être (sûrement) une conscience aigue des énergies
qui nous aident comme l'énergie de l'Amour au sens noble et pur de ce
terme qui est tant malmené ou utilisé pour manipuler l'autre sur
terre. Je n'avais pas peur de la mort avant cette expérience et maintenant
bien sûr, je n'ai plus aucune crainte de mourir. C'est presque même
la récompense de passer à un autre état d'être. Par
contre je n'ai pas d'idées morbides ou de suicide même si je peux
me languir de ces êtres régulièrement. Je me dis qu'il y
a une raison à mon retour et que je vais la découvrir.
Ce qui me semble prioritaire est d'être sincère et de parler vrai
avec tous les gens que je rencontre, de ne pas être dans un rôle
social, d'être juste moi, qui je suis maintenant avec mon vécu
même s'il est lourd à porter parfois. Je ne veux plus être
une image ou répondre aux projections des autres pour moi, je veux juste
tenter d'être libre et vraie.
Je parle encore plus facilement avec des inconnus parce qu'une parole éclairante
peut être essentielle pour quelqu'un qui en a besoin. J'essaie de ne pas
subir mes peurs et de trouver la Voie du Cœur dans mes choix aujourd'hui
et non plus celle de la pure raison qui est triste et limitée je crois.»
Une authentique NDE décrite en 1893
Le document, dont je vous propose ici la traduction française, est tiré de la revue théosophique américaine The Path (juin 1893, pp 82-84).
Il s'agit d'une NDE typique subie par une patiente, lors d'une syncope brutale en la présence de son médecin. On notera avec intérêt l'opposition - ou la complémentarité, entre les observations objectives du praticien et le contenu subjectif de la NDE, vécue par un sujet manifestement doué de clairvoyance active.
Jean-Louis SIEMONS, Docteur ès Sciences
LE RAPPORT DU MEDECIN :
Alors que j'étais debout près de ma patiente, elle me dit tout à coup, très vite, d'une sorte de voix étouffée : "je vais me trouver mal". Je pris le pouls : il était très fort, comme je l'avais toujours observé, la patiente ayant généralement des pulsations régulières et bien marquées. Tandis que je tenais le poignet, je sentis soudain comme une hésitation, un changement de rythme ; le pouls se mit à fluctuer de façon indescriptible et. à ma grande horreur, j'eus l'impression que la patiente était en train de mourir. Les pulsations disparurent, le corps se redressa et se raidit, la mâchoire s'affaissa ; il y eut une expiration violente, puis les traits se détendirent.
Le cœur s'était arrêté et le corps devenait froid comme la mort : tout signe de vie avait disparu. Détail le plus étrange, peut-être : cette personne qui, extérieurement, était d'allure très féminine, semblait maintenant, dans la mort, donner l'apparence d'un homme, bien plus jeune qu'elle ne l'était en réalité. En vain je tentai des moyens de réanimation : la vie avait quitté la forme physique. C'était du moins ma conclusion, face à l'évidence. Pourtant, un sentiment plus fort, qui ne s'arrêtait pas à cette preuve, m'obligeait encore à rester là, à observer et à attendre je ne sais quoi. Bientôt, grande fut ma surprise de voir comme un imperceptible frémissement, une ombre fugitive parcourant le visage.
Aussitôt je plaçai ma main sur le cœur. Tout d'abord il n'y eut aucune réponse : ce qui gisait là était bien une chose morte. Puis, ce fût pour moi un véritable choc : le cœur tressaillit, s'agita, bondit sous ma main : tous les torrents de vie revenaient à flots. Mes sentiments de soulagement étaient indescriptibles. En même temps, je l'avoue, je cédais à une indiscutable curiosité. La patiente ouvrit les yeux et tenta de parler, mais en vain. J'en découvris plus tard la raison : sa langue, noire et gonflée, remplissait la cavité buccale. Au bout d'une heure environ, de grands cernes noirs entouraient ses yeux - ils étaient d'une noirceur rappelant une contusion, et ces cernes demeurèrent quelques jours avant de disparaître graduellement, en passant par toutes les teintes variées de violet, caractéristiques des contusions. En définitive, il s'agit d'une expérience tout à fait particulière. Qu'était-il arrivé à ma patiente, et com-ment?
LE RECIT DE LA PATIENTE :
Pas plus que le médecin, je n'ai idée de ce qui est arrivé à mon corps, mais je sais bien ce qui m'est arrivé, à MOI.
Pour commencer, je dois dire que, pendant toute mon existence, le fait de la vie en soi s'est manifesté à moi sous la forme d'une petite flamme violette, brûlant au centre même de mon cœur. Je veux dire que j'ai toujours vu cette flamme en ce point, grâce à une sorte de vision intérieure. J'ai pu ainsi l'observer, brillant d'un éclat variable, tantôt plus faible - comme dans les périodes de mauvaise santé, tantôt plus lumineux, quand mon corps regagnait de la vitalité et la conservait
Lors de la présente expérience, comme je l'ai dit au médecin, je me suis sentie défaillir mais, en même temps, dans ces brefs instants, mon sens intérieur percevait l'état de faiblesse de mon corps, et les douleurs cardiaques étaient atroces. Aussitôt, j'ai repris ma vieille habitude d'observer mon cœur : je ne tardai pas à voir que les choses tournaient mal de ce côté-là. La flamme violette brûlait d'un faible éclat : elle s'est alors mise à pâlir et à vaciller en même temps. A ce moment, une chose étrange se produisit - appelez cela si vous voulez un changement de conscience.
Par une espèce d'échange, à la place du sentiment d'identité qu'on situe habituellement dans le cerveau, j'avais reçu un sentiment analogue mais cette fois localisé dans le souffle vital intérieur. En d'autres termes, j'avais l'impression d'être identifiée à une source interne. Et voici que ce souffle se rassemblait autour du cœur et en observait la flamme centrale : il perçut alors qu'elle s'affaiblissait - et la vit disparaître (ne me demandez pas avec quels yeux !).
A ce point de mon récit, il me faut parler de ce souffle comme de moi-même. Ma conscience - mon "je", était entièrement située dans ce souffle. Alors, "je" me suis mise à vibrer rapidement, à décoller, pour ainsi dire, et bientôt je me sentis flotter et partir d'un mouvement ascendant (en tant que souffle "conscient", ne l'oublions pas) dans une sorte de conduit s'élevant au milieu de ma colonne vertébrale. Je montai ainsi selon une spirale, et au moment où j'atteignis un point situé au niveau de la bouche, je sentis passer près de moi un autre souffle, dirigé vers l'extérieur, qui sortit violemment d'une cavité (que j'identifie maintenant avec la bouche) en faisant un bruit sonore de vent impétueux, semblable à un grande expiration brutale. "Je" (c'est à dire le premier souffle conscient) accédai ensuite à un espace circulaire (la tête?), pour finalement m'en évader - après une unique convulsion formidable de séparation, de déchirement. Alors, j'éprouvais une joie, une allégresse impossible à concevoir pour ceux qui n'ont jamais fait cette expé-rience, car j'étais libre, d'une liberté inconnue à ce jour. En jaillissant de la tête, le souffle conscient prit forme - une forme rayonnante de lumière, et c'est sous cette apparence que je fis irruption à l'air libre (1).
Je m'élançai au-dessus des bâtiments et bientôt je les perdis de vue. Comment m'en serais-je souciée ? A ma rencontre venait un être que j'ai connu - et que je connais bien. H commença à me donner certains messages (2). Tout autour de nous, il y avait beaucoup de sphères endormies (3) et il m'invita à les observer, il y avait aussi d'autres formes, et des messagers qui allaient et venaient L'atmosphère était toute de lumière, des orbes de substance électrique circulaient en tous sens. On pouvait aussi observer un mouvement ordonné de rayons semblant partir et revenir. Le sentiment de liberté, de connaissance et de pouvoir que j'éprouvais était magnifique.
A un moment donné, je ressentis comme une légère traction sur moi, et je constatai qu'une sorte de fil, d'une substance relativement sombre (par rapport à l'ambiance de lumière) s'étendait de mon être à travers l'espace de l'air pour descendre et pénétrer dans un orifice ouvert C'était comme si cette traction avait modifié toutes mes vibrations et changé mon état de conscience car, dès lors, je ne percevais plus les merveilles qui m'entouraient : je ne voyais que les bâtiments et le soleil sur la neige, là-bas, très en dessous de moi.
Effectivement, j'étais retournée à un ordre inférieur de matière (c'est ma façon d'interpréter maintenant ce qui est arrivé à ce moment-là), car je me sentais rapidement attirée vers le bas, toujours par l'effet de traction du fil éthéré.
Finalement, en passant par une fenêtre, je me retrouvai dans une pièce. Là, tout ce que je pouvais remarquer c'était un jeune homme, gisant raide et froid, à moitié nu sur une couche,. D paraissait mort. Une sorte de tourbillon d'air (?) m'attira vers lui. A nouveau, il y eut cette profonde convulsion de déchirement, et je fus comme tirée à l'intérieur de la tête de cette horrible chose - mais sous quelle forme ténue et fine j'étais entraînée :
ma forme rayonnante s'était transformée en un fil mou et sombre (smoky), un souffle ! Oui, j'étais redevenue un souffle conscient, circulant rapidement le long d'un étroit passage en spirale, à la droite du corps. A nouveau, je me rassemblai autour d'un centre, un genre d'océan, sombre mais traversé de pulsations, dans le profondeur duquel je cherchai un lumière, une lueur. Il n'y avait rien. Le souffle que j'étais se concentra et attendit. Un je ne sais quoi se mit à scintiller sous ces vagues mouvantes : aussitôt se produisit un nouveau changement brusque de conscience, car à ce moment le sentiment d'identité avec ce cœur intérieur disparut. J'avais recouvré ma conscience cérébrale, il paraissait clair que ce sombre océan était mon cœur, et le cerveau se mit aussitôt à penser : "je suis morte, puisque je ne vois pas de lumière". Une émotion m'envahit, comme une sorte de terreur, qui était dominée par la pensée : "il faut que j'envoie un message à X pour l'avertir de ma mort !" Je tentai de parler, mais la conscience cérébrale n'a pas de langue : elle n'était pas encore coordonnée avec le corps. Reprenant mon calme, j'observai étroitement mon cœur : le point scintillant grandissait maintenant sur le fond obscur du foyer central, lentement, graduellement pour finir par briller comme une lampe violette. Quand cette lampe brûla enfin avec clarté, je me sentis soudain coordonnée avec le corps, redevenir identique à mon moi de tous les jours (4).
J'ouvris les yeux, pour voir le docteur penché sur moi, avec, sur le visage, une expression très singulière, faite autant d'étonnement que d'affliction, réessayai de parler mais ne le pus. L'explication en a été donnée plus haut. Il me reste simplement à préciser que ce qu'il me fût dit lorsque j'étais hors de mon corps s'est entièrement réalisé depuis. Il m'apparaît aussi que j'ai été soustraite (je, c'est à dire moi-même) à une crise du corps physique.
NOTES:
- Cette NDE est remarquable en ce que la patiente, entraînée à une sorte de clairvoyance (dans le contexte d'une réelle recherche spirituelle), garde sa lucidité tout au long de l'expérience, en décrivant les changements successif, d'un mode de conscience à l'autre. On voit par exemple que, déconnectée du cerveau, elle se "coordonne" successivement au cœur, au "souffle vital" etc... en devenait ainsi capable de suivre, de l'intérieur, le processus invisible de la mort. Et là où, d'habitude, des témoins parlent de "flotter", de "s'élever en spirale" dans une sorte de "tunnel obscur", elle évoque (avec ces mêmes mots) son mouvement ascendant au long d'un conduit (= "un passage") dans l'axe de la colonne vertébrale. Ce qui rappelle les descriptions du yoga tantrique (que cette femme ne pratiquait sûrement pas), en suggérant du même coup une explication de ce fameux tunnel.
- On note que la décorporation ne s'éternise pas au niveau "astral" inférieur (où se reflètent tes images du monde physique): l'être rencontré dans la lumière est identifié comme un guide connu, intervenant pour instruire le sujet A ce niveau, la patiente pourrait déchiffrer sa NDE comme une expérience initiatique qui aurait été impossible dans tes conditions normales de conscience cérébrale.
- Dans la suite de cet article, ces "sphères endormies" sont interprétées comme d0es âmes de défunts plongées dans leur expérience intérieure posthume.
- Le vocabulaire descriptif de ce récit rappelle étonnamment les mythes eschatologiques de Plutarque (brièvement évoqués dans le n°2 de ce Bulletin): les âmes y apparaissent aussi comme des sphères, des bulles étincelantes ; Il y avait même des mouvements d'objets célestes lumineux et des pulsations d'énergie, et l'âme du mort en sursis était ancrée à son corps par un fil mystérieux (que Thespésios pouvait également décrire comme une ligne "floue et sombre"). Chez notre témoin, la conjonction de la lampe brillante du cœur et de ce cordon éthéré évoque, à l'évidence, "la corde d'argent et la lampe d'or" de l'Ecclésiaste (12,6).
Les sphères endormies
Un jour, quelqu'un vint à moi, en m'appelant hors de la forme où je demeure, et me fit voir les Sphères endormies...
Ces Sphères - il n'y en a pas de plus belles - ne sont pas présentes en un lieu donné. Elles sont indépendantes de l'espace. Elles ont une condition propre mais aucune localisation. Lorsque je demandai à mon compagnon comment cela pouvait vraiment se faire, il me fit ressortir qu'elles étaient en interpénétration avec bien d'autres états de matière, en maintenant la cohésion grâce à leur vibration propre - comme le font d'ailleurs les autres formes dans toute la nature, quelles que soient leur espèce et leur densité plus ou moins éthérée.
J'avais quitté mon corps physique pour accéder à l'air, dans ma forme aérienne, et de là je m'étais transférée dans l'éther. Voici que, tout autour de moi, il y avait ces Sphères endormies, suspendues comme de minces voiles sphériques, d'une impalpable transparence laiteuse, sur un océan d'or et de lumière. Par instants, un frémissement d'une teinte à peine perceptible les faisait trembler dans leurs profondeurs, et moi aussi je tremblais, car il m'était donné de savoir que ces mouvements de couleurs étaient, en réalité, des Pensées de délectation intense. Oui, ces Sphères qui palpitaient éprouvaient une joie pure dans leurs mouvements opalescents - une joie qui accompagnait leurs pulsations dans l'éther vivant, et qui était pleine d'une grande signification. C'était bien clair, même à ma compréhension qui, à ce moment, n'était encore que celle de mon corps aérien. (Je suppose ici que mes lecteurs savent, peut-être mieux que moi-même, que la conscience permise par un corps donné diffère grandement de celle qui est possible avec un autre. Et cela reste vrai, que ces corps distincts soient tous contenus dans leur enveloppe extérieure, ou qu'à un instant donné ils se trouvent séparés de cette carapace impermanente)...
Essayez donc d'imaginer que j'ai perçu ces formes rayonnantes, tantôt argentées avec une sorte de poudroiement bleuté, tantôt prises d'un foisonnement de teintes si diaphanes que seul l'œil de l'âme pouvait les saisir - et efforcez-vous de concevoir que chaque teinte correspondait à une Pensée, une expérience. Ces belles Pensées étaient les rêves de ces âmes libérées de l'emprise de la terre. Et en rêvant ainsi, les Sphères dormaient. Quelle félicité dans ces rêves ! Car ces couleurs étaient tout à la fois vivante Lumière et éclats d'Intelligence ;
chaque nuance était Pensée - mais Pensée de l'ordre le plus exalté que puisse connaître le Mental humain. La Pensée frémissait dans les Sphères, en les faisant passer d'un état de conscience à l'autre, en les fusionnant à nouveau, en stimulant leur Vie supérieure, en les faisant rayonner de leur plus pure Lumière, dans un plan du monde où Lumière, Vie et Pensée constituent un seul acte magnifique d'Etre, et non pas ces choses banales que connaissent la plupart des hommes dans la routine journalière. Chaque Sphère devenait de la sorte de plus en plus incandescente de cette triple VIE, et sous mes yeux elles croissaient et s'épanouissaient au rythme de cette douce pulsation irisée, comme des fleurs s'ouvrant à une perfection croissante, à force d'assimiler la lumière du soleil. Cet épanouissement était divin, la paix profonde. Semblable à une mère enveloppant sa progéniture, le Silence planait sur elles ; seule, par moments, faisait ressortir sa profondeur une sorte de douce musique en demi-ton - l'harmonieuse respiration des Sphères endormies.
2ème partie (Seconde NDE): avant d'entrer dans le récit de ce qui m'est arrivé, je dois clarifier les deux points suivants.
- Ce que j'ai vécu cette seconde fois fut ma propre expérience et non pas celle que pourrait faire toute autre personne, quant à ses détails. Car l'acte de dissolution, ou de séparation, qu'on appelle "la mort" varie dans sa spécificité selon les individus ; il en va de même avec les expériences post mortem. Tous les individus meurent. Il y a, pourrait-on dire, autant de sortes de mort qu'il y a d'âmes, et non pas une seule expérience stéréotypée pour toutes. Pourquoi cette variété ? Parce que ce n'est pas du tout "la mort", en fait. Si nous ne vivions qu'une seule existence mortelle, pour finalement mourir - selon la croyance ordinaire - l'acte de la mort pourrait bien être le même pour tous. Mais, étant donné que l'âme humaine choisit tantôt la vie objective et tantôt la vie subjective - tantôt en créant son propre monde céleste et tantôt en choisissant son propre domaine de vie et d'expérience terrestre -nous pouvons bien comprendre que, même si tous les êtres passent les portails qu'on appelle la naissance et la mort, les méthodes et les péripéties de ces passages doivent différer dans chaque cas...
- En second lieu, ma propre expérience -la première de ce genre - que je vais raconter maintenant, fut pour moi parfaitement réelle. Pendant que je la vivais, je ne l'ai pas comparée à ma précédente vision des "Sphères endormies", ni à rien d'autre. J'étais entièrement plongée dans l'expérience. Je ne l'ai pas appelée "la mort". Je ne savais pas que ce fût "la mort" - je l'ai vécue. J'étais identifiée à l'expérience. Je l'ai perçue absolument comme une plénitude de vie jusqu'alors insoupçonnée - que je n'avais jamais entrevue, même dans mon imagination la plus vive, dans mon rêve le plus intense et lucide...
Tentative de suicide
Le témoignage qui suit se passe de commentaires. Il est représentatif de ce que disent la quasi totalité des personnes ayant vécu une EMI à la suite d'une tentative de suicide.
Il est aussi très intéressant sur un autre plan: le témoin qui se droguait de toutes les façons possibles depuis des années, a totalement cessé à la suite de sa deuxième expérience, ce qui démontre le potentiel positif et restructurant de certaines expériences.
Désireux d'aider les personnes qui en sentiraient le besoin, il n'a pas souhaité rester anonyme. Vous pouvez donc, si vous le désirez, le contacter:
DANIEL TREMBLAY
MONTRÉAL , CANADA
EMAIL: birdfree@moncanoe.com
Je suis un ex-toxicomane, j'ai consommé durant 15 ans à peu près toutes les drogues ( douces, chimiques, etc.) et les derniers 5 ans en consommant des drogues «dures» ( héroïne ( peu ) et par la suite cocaïne en injection ( beaucoup) ). Cela m'entraîna dans une déchéance de plus en plus profonde et une souffrance immense et insoutenable. Je suis issu d'un milieu favorisé de classe moyenne «aisée», élevé depuis l'âge de trois mois par ma grand-mère, femme spirituelle, de grande expérience de la vie, ( une sainte, quoi ! ). Puis après le remariage de ma mère ce fut la séparation de ma grand-mère et une dépression s'ensuivit qui m'amena à l'idée de suicide vers l'âge de 12 ans, et qui m'amena à consommer de la drogue pour la première fois. Dépression et drogue ne faisant pas bon ménage, mon état se détériora jusqu'à la mort de mes grands-parents et après je connus la déchéance totale : itinérance, tentatives de suicide ( dizaines de tentatives en près de deux ans), état dépressif, consommation de drogues «dures», thérapies et rechutes, et autres tentatives de suicide.
C'est lors d'une de ces tentatives que je connus ce que j'appelle une "Expérience de rencontre divine" au cours de laquelle Dieu se manifesta à moi et que ma vie «bascula» complètement et instantanément.
J'avais fait ma deuxième thérapie et j'avais «rechuté» dans la consommation de drogue (cocaïne en injection) ; je considérait mon état comme sans issue et je n'espérais plus trouver de solution pour me sortir de cette déchéance et de cettesouffrance devenue insupportable. Plusieurs fois je suis tombé à genoux et les bras tendus vers le ciel, j'ai demandé à Dieu de venir me «chercher» afin de me délivrer de ma souffrance. J'avais fait plusieurs tentatives de suicide, certaines étaient plus des appels à l'aide, mais cette fois, je ne croyais plus à aucune aide autre que celle de Dieu. Je me rendis chez un ami ( souffrant de maniaco-dépression avancée et profonde ) qui devait prendre des médicaments très forts (anti-dépresseurs qui à cette époque n'avaient pas la particularité d'être anti-suicide comme aujourd'hui ) et j'avalai ce qui restai de la bouteille de pilules et je bus la moitié d'une bouteille de cognac. On me transporta à l'hôpital après m'avoir trouvé dans un état de semi-conscience. Je perdis conscience durant le transport.
Tout-à-coup je m'éveillai sur une civière, aux soins intensifs. Cela semblait être le soir car on n'entendait aucun bruit ( ou peu) et pas de va et viens. L'éclairage était baissé et une infirmière se tenait dos à moi et préparait des piluliers sur un comptoir, éclairé par une veilleuse. Je voyais que j'étais relié par des fils à des machines (cardiogramme et autres), j'avais un tube dans la gorge qui me faisait souffrir et qui m'empêchait de fermer la bouche. J'avais terriblement soif et je me suis assis dans mon lit et je demandai à l'infirmière à boire.
Elle ne m'entendait pas, ne me répondait pas ! Je parlai plus fort et même chose, puis elle se retourna et parla à une autre infirmière derrière moi, quelque chose n'ayant pas rapport avec moi. Je croyais qu'elle m'ignorait. Exaspéré, je décidai de me lever pour avoir à boire et descendis de mon lit. J'étais debout, à côté de la civière et en regardant la civière, quelqu'un était couché dedans, MOI !
Je savais que j'étais sorti de mon corps mais ne voulais pas le croire et je réitérai ma demande à boire en me plaçant tout près de l'infirmière et je lui ai crié « À BOIRE » . Toujours pas de réponse !
Puis, comme un voile épais et noir, comme une lumière qui s'éteint, ce «noir» s'abattit dans la pièce. À ce moment l'infirmière se retourna et regarda le cardiogramme et dit à quelqu'un «on est en train de le perdre ! »
Ce fut les dernières paroles que j'eus le temps d'entendre car le «noir» m'enveloppa totalement, me coupant de tout. Je ne voyais rien, n'entendais rien, et j'eus peur comme on a peur dans le noir total dans un endroit inconnu. Puis je criai par peur : « Je veux de la lumière ! ». Puis un minuscule point apparut au loin, comme lorsque l'on regarde une étoile du ciel. De ce point vint un rayon de lumière, mince et s'ouvrant de plus en plus devant moi d'une lumière blanche immaculée, pure et brillante d'une énergie dans laquelle je sentis un amour inconditionnel et sans limites . Cette lumière parvint jusqu'à moi et m'enveloppa juste assez pour que je puisse «avancer» dans cette lumière. J'avançai non pas en marchant, mais me sentant comme attiré dans cette lumière, et seule ma volonté me faisait avancer. J'entendis des voix parlant au loin, puis je vis un groupe de personnes toutes vêtues de blanc ( de longues toges ) et ils parlaient de moi, je le savais, mais je ne pouvais distinguer ce qu'ils disaient. Moi je continuais à avancer dans cette lumière ET JE SAVAIS QUE JE QUITTAIS LA VIE me dirigeant dans cette lumière vers ce qu'on pourrait appeler "le Ciel". Puis une de ces personnes leva le bras et la main dans un signe d'arrêt et me dit : «où vas-tu ?» Je répondis : "Je vais vers le ciel, je ne peux vivre sur terre, j'en suis incapable, ma souffrance est trop grande que je ne peux la supporter davantage". La personne me répondit : « Arrête, tu ne peux avancer dans cette lumière, tu vas tout souiller, TU T'ES SUICIDÉ ! « Puis cette personne parla aux autres encore et me dit : « Tu vas retourner dans ton corps et aller remplir ta "mission" . Je répondis : "Seul, je ne le pourrai pas, j'en suis incapable". La personne me dit : "Nous allons t'aider". Puis je me sentis «poussé» de force vers mon corps. Je me suis assis "carré" dans mon lit et l'infirmière me regardait. Je lui ai dit : " J'AI VU DIEU !" Puis je retombai dans un sommeil profond et je m'éveillai le lendemain matin.
Le lendemain je demandai à l'infirmière si elle avait entendu que je lui demandais de l'eau à boire ? Elle me répondit : « Tu n'as jamais dit un mot, tu étais dans le coma et nous avons failli te perdre. Tu t'es levé et tu as dit "j'ai vu Dieu !" . Je n'aime pas quand ces choses arrivent, car cela me donne la chair de poule" ( dit-elle à une autre infirmière ) Plus tard je rencontrai le médecin ( une femme) et j'étais fâché qu'elle ne m'ait pas laissé mourir. Elle me dit : « C'est dommage, vous savez que je vous ai sauvé la vie ! »
Puis après je retournai chez-moi et s'ensuivirent d'autres rechutes et l'idée suicidaire réapparut dans mon esprit comme la seule solution possible à ce problème qui me semblait insoluble. Puis un soir d'été 1986 je me couchai comme à l'habitude mais sans avoir consommé depuis quelques jours. Je m'éveillai et me retournai et je me vis couché sur le ventre, dans le lit. Je voyais la pièce de la même manière qu'à l'habitude et tout était réel, pas comme dans un rêve où tout est intangible, illogique, un peu flou. Ici tout était normal et je compris que j'étais sorti de mon corps.(...) Puis je me retournai et je regardai dans le coin de la pièce. Je vis apparaître un tout petit point de lumière mais NOIR ( si il vous est possible de concevoir l'idée d'une lumière NOIRE ) et comme à l'hôpital ( de la même manière et selon le même principe) ce point s'agrandit jusqu'à devenir une petite masse, mélange de matière à l'apparence un peu visqueuse et d'un nuage gazeux.
Puis dans cette masse une forme imprécise un visage se dessina et plus je regardais cette chose se former plus un visage «humain» apparaissait jusqu'à ce que ce visage qui m'apparut fut LE MIEN. Ce visage «brillait» d ‘une lumière noire dont des rayons s'échappaient mais je sentais une énergie « négative» s'en dégager. Puis ce visage me dit : « VIENS AVEC MOI, NOUS ALLONS PLEURER ENSEMBLE POUR L'ÉTERNITÉ, NOUS POURRONS SOULAGER NOTRE SOUFFRANCE AINSI. (Je dois dire ici qu'aucune parole ne fut échangée et que j'exprime ici en mots ce qui se communiquait uniquement par la pensée durant cette expérience. Comme une idée « tout d'un bloc » qui entre dans votre pensée et qui «sans explications» nécessaires est comprise ainsi instantanément, de même pour envoyer la réponse).
Je sentais une énergie négative se dégageant de cette entité et je me méfiais d'elle, puis je sentais qu'elle voulait me «tromper». Elle voulait m'attirer à elle pour se soulager de sa propre souffrance ( que désire t-on le plus lorsque l'on est triste ? une personne pour «partager» cette tristesse ).Je sentais que si je disais "oui" à cette entité et que j'acceptais d'aller avec elle, c'est dans la mort que je décidais d'aller et que j'avais un choix à faire : DÉCIDER DE VIVRE OU DE MOURIR.. Puis je vis comme un fleuve où "nageaien", où "flottaient" toutes sortes d'autres entités qui toutes souffraient, pleuraient. Toutes les pensées les plus bestiales, délirantes ou informes se matérialisaient et formaient un fleuve dans lequel baignaient ces âmes perdues. Mon Dieu, cela était intolérable, insupportable.
ET JE COMPRIS QUE LE SUICIDE N'EST PAS UNE «SOLUTION» CAR LORSQUE L'ON SE SUICIDE ON DEMEURE DANS LE MÊME ÉTAT QUE L'ON EST LORS DE SA MORT ET QUE L'ON EST, POUR UN TEMPS INDÉTERMINÉ ET DE DIEU SEUL CONNU, CONDAMNÉ À «ERRER» DANS CE BAS ASTRAL AVEC CES AUTRES ENTITÉS ET QUE NOTRE SOUFFRANCE DEVIENT AINSI PEUT-ÊTRE ÉTERNELLE ( AU BON VOULOIR DE DIEU LUI-MÊME).
LE SUICIDE EST UN «PIÈGE» PUISQU'IL NE RÈGLE RIEN ET QUE MÊME IL EMPIRE LES CHOSES CAR CET ÉTAT DEVIENT PERPÉTUEL. LE SUICIDE EST LE PLUS GRAND PÉCHÉ CONTRE DIEU CAR C'EST RENIER LA VIE ELLE-MÊME ET RENIER DIEU LUI-MÊME !
Je compris tout cela et je crois que ce que j'ai vu pourrait être ce que l'on nomme «l'enfer » !
Et en mon âme et onscience je ne pus accepter cela et au fond de mon âmeje désirais vivre, alors je dis "non"à cette entité, et cela suffit à la repousser. Elle se dématérialisa et disparut dans son nuage noir et visqueux.
Alors une lumière venant du haut me pénétra par le haut de la tête et descendit en moi. A mesure qu'elle descendait, tout mon corps ( "astral" ) se détendait complètement et lorsque cette lumière atteignit le niveau du cœur, je sentis comme une explosion D'AMOUR PUR, INCONDITIONNEL, UN AMOUR CONCENTRÉ, et je me sentis baignant dans cet amour. Puis comme une main énorme venant d'en haut me pénétra par le haut de la tête et cette main se frayait un chemin parmi mes idées, mes émotions, mes sentiments, tassant des choses, en écartant d'autres, elle cherchait quelque chose de «précis». Je me sentais envahi par quelque chose de totalement inconnu, et j'étais totalement impuissant, alors j'ai eu peur et je me sentis comme un peu «violé» dans mon intimité non physique mais en mon âme et je demandai : «QUI ÊTES-VOUS « et une voix me répondit : « JE SUIS LE SAINT-ESPRIT, JE SUIS UNE FORCE D'AMOUR, JE CONTRÔLE TOUTES TES FONCTIONS ESSENTIELLES, TU N'A RIEN À CRAINDRE». Je sentais que cette force «fouillait» dans mon âme et je demandai alors : « QUE FAITES-VOUS ? « La voix me répondit : « JE VAIS T'ENLEVER TA SOUFFRANCE, TU N'EN AURAS PLUS BESOIN. Puis je sentis cette main saisir quelque chose en moi et le jeter au loin. La lumière disparut et je restai là, pantois, et après ce qui venait de se passer je pris peur ne sachant ce qui pourrait m'arriver encore. Le désir de réintégrer mon corps se fit impérieux et je cédai un peu à la panique. J'eus comme l'impression de «courir», de me "lancer" dans mon corps, peu importe ce qui arriverait. Juste avant de réintégrer mon corps, j'étais comme à demi entre mon corps et à l'extérieur, je sentis à ce moment comme un déclic au niveau des reins et un craquement au niveau de la nuque et une main invisible me guidait dans mon corps. Mais je dus réintégrer mon corps beaucoup trop rapidement.
Je me retrouvai sur le ventre dans mon lit comme paralysé ( sans force pour me relever sur mes bras), ne sachant plus où j'étais, quel était mon nom ni qui j'étais. Je n'avais plus d'idées, puis mes forces me revinrent peu à peu et je pus me lever sur mes bras et me retourner sur le dos dans mon lit. Puis je sentis TOUTES mes idées comme contenues dans un «bloc» revenir en moi et ce fut comme si j'avais reçu un bloc de ciment sur la poitrine, le choc fut terrible. Puis peu à peu mes idées me revinrent ; j'étais «rempli» d'une énergie, d'une force tellement intense que j'aurais pu courir des milles pour la dépenser, mais physiquement mes forces m'en empêchaient et je dus me tenir après les murs pour aller m'asseoir sur une chaise. Tous mes membres tremblaient et intérieurement j'étais survolté d'une immense énergie tellement que je restai longtemps assis à attendre que cette énergie se dissipe.
Je savais qu'il venait de se passer quelque chose qui dépassait ma compréhension et je dois dire que plus jamais je n'éprouvai le goût de consommer quelque drogue que ce soit après cela. Ce que la "main de Dieu" m'avait enlevé de l'âme, ma souffrance, était à jamais partie de moi. Cela changea ma vie entière et peu après je rencontrai l'âme soeur, cette femme que j'aime et qui est encore avec moi aujourd'hui, dont la rencontre des plus fortuites ne peut être que le dessein de Dieu.
Depuis maintenant 15 ans, je n'ai plus éprouvé le goût de consommer et j'ai compris que la «MISSION» qui m'était confiée était D'AIDER LES GENS QUI VIVENT COMME MOI L'ENFER DE LA DROGUE ET DE PARTAGER MON EXPÉRIENCE AFIN D'INFORMER SUR LA RÉALITÉ DU SUICIDE, LES GENS QUI CROIENT AVOIR TROUVÉ UNE SOLUTION À LEUR SOUFFRANCE DE CETTE FAÇON, ET AUSSI DE PROPAGER MON EXPÉRIENCE AFIN DE DIRE AUX GENS QUE DIEU EXISTE ET QUE LA MORT N'EST LA FIN DE RIEN, QUE QUELQUE CHOSE EXISTE AU-DELÀ DE LA MORT, QUE NOUS AVONS TOUS ET TOUTES UNE «MISSION» TRÈS IMPORTANTE À REMPLIR DANS CETTE VIE.
EMI