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Opinions et réflexions

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Que vous ayez vous même vécu une expérience marquante ou que vous vous posiez simplement des questions à leur sujet, cette rubrique est destinée à accueillir les réflexions pertinentes que peuvent vous inspirer les NDE et expériences apparentées, la signification qu'elles ont pour vous, les axes de recherche qu'elles pourraient initier, etc. Précisons une fois de plus que Iands ne souscrit à aucune croyance ni parti-pris théorique, et n' a pas pour but de promouvoir une quelconque explication des NDE. Les opinions et hypothèses exprimées sont donc celles de leurs auteurs, et n'engagent que ces derniers.


Le 5 Janvier 2010

Petite réflexion personnelle.

En cette nouvelle année j'ai fait comme beaucoup de personnes, un petit bilan. Je l'ai fait sur tous les plans, et aussi concernant l'impact et le rôle de ma NDE-EMI sur ma vie au quotidien.

En 2009, j'ai témoigné trois fois dans les médias, j'ai rencontré des personnes ayant vécu la même expérience, même si ce n'est pas de la même façon. J'ai échangé avec d'autres qui n'ont pas vécu cette expérience mais qui en ont fait le centre de leurs recherches professionnelles.

Je dois dire une chose, j'ai eu ma NDE-EMI à l'age de 14 ans, et jamais je n'ai été consulter un " spécialiste " pour m'aider, parce que je pensais, et pense toujours que la vraie spécialiste, et les vrais spécialistes, ce sont nous, les expérienceurs.

De plus je n'ai jamais considéré que j'étais victime de quelque chose de négatif. Aller voir un psychologue ou un psychiatre ne m'aurait pas aidé.

Je n'ai jamais cherché à me " regrouper " pour en parler dans le cadre d'une association quelconque sous l'égide d'une personne dite " spécialisée ".

Je comprends que l'on puisse en avoir besoin, j'aime en parler avec d'autres personnes, mais j'interdis à qui que ce soit de me traiter comme une victime ou une malade. Je ne suis pas alcoolique, je ne suis pas malade, je ne suis pas non plus un sujet d'étude pour servir de faire valoir à des personnes qui n'ont pas connu cette expérience qui change profondément les valeurs de vie, simplement parce qu'elle sont fascinées par le côté extraordinaire de la chose.

J'accepte d'en parler d'égal à égal à qui me questionne, sans distinction de grade, d'âge ou de fonction.

Les professionnels ne sont pas les médecins, les psychiatres, les psychologues, les anthropologues et autres neurologues. Les spécialistes c'est nous, nous qui avons traversé la porte d'une vie à une autre.

Nous considère-t-on comme des dépressifs chroniques? Considère-t-on que nous sommes des inadaptés sociaux ? Oui, souvent.

Mais dois-je rappeler l' idée fondamentale que nous ramenons de cette expérience pour une grande majorité d'entre nous ?

-Donner et montrer plus d'amour aux autres, être plus ouvert aux autres, plus généreux.

Dois-je rappeler ce que nous vivons en passant de l'autre côté du miroir?

-Nous vivons l'expérience de l'abandon des peurs, nous vivons la rencontre avec la lumière intelligente et pleine d'amour inconditionnel, nous retrouvons parfois des êtres qui nous sont chers et qui ont disparu, et d'autres que nous ne semblons pas connaître mais qui eux nous connaissent et sont souvent bienveillants avec nous.

Quand nous revenons de ce " voyage ", retrouvons-nous ces valeurs? Cette lumière? Cet amour inconditionnel?

Non absolument pas, rien de tout cela. Nous retournons à ce monde violent, froid, avare d'amour inconditionnel, qui ne croit en rien de positif, et qui pense tout savoir de ce qu'il est bon de savoir. Un monde qui vit pour le profit le plus rapide possible au dépens de son prochain, de sa terre, de sa vie même.

N'y a-t-il pas de quoi être dépressifs? Il n'y a pas besoin d'ailleurs de vivre une NDE-EMI pour se sentir mal et dépressif dans ce monde, mais quand vous avez goûté à une réalité si douce et bienveillante, qui vous rappelle à des valeurs plus justes et vraies, il me semble logique qu'il y ait encore plus de raisons d'avoir le moral à zéro.

De plus au lieu d'être respectés pour ce que nous ramenons comme valeurs morales positives et fraternelles, on nous pointe du doigt et on nous accuse d'affabuler, ou d'avoir été leurrés par notre cerveau de chair, d'hormones, et de sang.

Aimer plus son prochain, est-ce une tare ? Est-ce un crime que de vouloir se porter plus au secours des autres ? Est-il condamnable de respecter sont prochain ?

Pour ces valeurs que nous rapportons de cette expérience, sommes-nous plus atteints, plus malades que ceux qui tuent, violent, volent, et soumettent par la peur? Et pourtant, c'est nous que l'on montre souvent du doigt, c'est nous que nous n'écoutons pas.

Quand la communauté scientifique s'y intéresse, c'est le plus souvent dans le but de savoir si la mort existe ou non, si en effet nous avons une âme, et s' il est vrai que le néant ne nous attend pas à la fin de notre existence.

D'autres encore utilisent nos témoignages comme preuve afin de faire payer des personnes endeuillées et crédules, affirmant que leurs chers disparus sont encore parmi eux et qu'un monde meilleur nous attend si nous suivons les conseils " éclairés " de ces charlatans.(Etre aidé pour un temps est une bonne chose, être sous l'emprise perpétuelle d'un autre être qui ne fait cela que pour sont bénéfice personnel est source de bien des malheurs, autant pour la personne qui profite que pour celle qui est abusée).

Une personne qui a vécu une NDE-EMI, ne profitera jamais de vous, si elle le fait c'est qu'elle ment sur le fait d'avoir réellement vécu une telle expérience, c'est qu'elle a oublié, c'est qu'elle est juste manipulatrice.

Nous, les expérienceurs véritables, le vrai message que nous rapportons, si message à rapporter il y a (et à vrai dire ce n'est pas le cas), n'est pas de dire que la mort n'existe pas! En tout cas, personnellement, je ne ramène pas ce message-là, et n'ai pas envie de vous convaincre que la mort n'existe pas.

Personnellement, je reviens avec la conclusion que la VRAIE vie, la vraie REALITE, ce n'est pas ce qui nous détruit à petit feu dans ce monde, c'est-à-dire notre égoïsme, notre aveuglement, notre violence, et notre manque absolu d'amour pour toute créature vivante, et je ne parle pas que de l'être humain.

Ce qui est réellement important, ce sont les valeurs morales qui nous échoient après une telle expérience. Ce sont elles qui font de nous des parias de la société et parfois de la race humaine telle qu'elle se développe aujourd'hui.

Pour dire la vérité, je ne souhaite pas que l'on prouve un jour de manière scientifique que la mort n'existe pas.

Parce que l'homme est un enfant qui joue avec les allumettes et met toujours le feu à sa propre maison. Si un jour on prouve que cette grande épreuve n'est rien, alors que restera-t-il pour arrêter l'escalade de la violence et des crimes? Que restera-t-il à l'humanité comme garde fou ?

Aucun.

Tant que l'on ne saisit pas que ce qui est réellement important c'est de vivre le plus justement sa vie, d'être le plus possible un être de paix, de respect et surtout d'amour, autant que nous le pouvons, en essayant de toute notre volonté et force, alors nous ne méritons pas cette libération de la peur de la mort.

Enfin, je dirai ceci : Ce qui m'a sortie de la dépression d'être en vie dans un monde aussi moche que celui que nous continuons de perpétuer chaque jour, c'est d'avoir compris à quoi servait ma vie, quel était mon rôle et pourquoi j'avais eu la CHANCE de faire une NDE-EMI. Parce que c'est une chance inouïe ! Pas un drame, ni une fatalité ! Ce qui est un drame (mais pas une fatalité cependant), c'est d'avoir des valeurs et des pulsions d'amour inconditionnel et de simple gentillesse dans un monde comme le nôtre!

Parce qu'aujourd'hui, la normalité va à la violence, à l'exploitation de son prochain, de sa planète, au profit sans aucune limite. Même la mort pour certaines personnes n'est plus une chose grave, alors que même si je sais que l'on ne meurt pas vraiment, oui moi qui le sais, je sais aussi qu'il est terriblement grave d'ôter la vie à un être vivant quand il ne le désire pas lui-même.

Voilà ma réflexion en ce début d'année 2010. Je tiens à remercier le Docteur Jean-Pierre Jourdan, qui malgré cet avis bien tranché de ma part envers sa communauté professionnelle, me tolère et me respecte. J'ai trouvé en lui l'espoir que certains " professionnels " ne nous traitent pas comme des " cas ", mais écoutent sans juger ce que nous avons à dire. (C'est d'ailleurs ça le vrai travail d'un scientifique, rendre compte de faits, expliquer, analyser, pas de juger.)

C'est pour cela que j'ai accepté de participer à sa démarche, de lire son ouvrage " Deadline ", et de témoigner, sur sa recommandation, dans certains médias. Je reste de toute manière entièrement libre de mes pensées, mouvements et engagements. Mon amitié va à Jean-Pierre Jourdan, parce qu'il a su me respecter sans me juger. Pour une personne comme moi, c'est une qualité, énorme.

Et pour finir, je dirai aussi : Nous ne sommes pas des " cas ", nous les expérienceurs, nous sommes des porteurs d'espoir et de raison, des êtres simples qui ne cherchent pas à se mettre en avant, mais qui tentent de survivre dans ce monde de Chaos, bien loin des valeurs qui nous habitent au retour d'une expérience bouleversante, mais somme toute banale, puisqu'elle peut arriver à n'importe qui sur cette planète, toutes races, âges et grades sociaux confondus.

Merci pour le temps que vous avez accordé à me lire.

Très cordialement à tous.

Vannina

 

 




"Voilà, j'ai refermé le livre "Deadline", sans en avoir sauté une seule ligne.


J'ai besoin, à présent, de laisser reposer et décanter toutes les informations que j'ai engrangées, elles sont si riches pour  moi!
Je n'ai pas tout compris de certaines explications scientifiques trop élevées pour ma modeste compréhension mais, heureusement que "Dédé" était là! Il m'a bien aidée. Je prendrai plus de temps à la seconde lecture car là, je "buvais" carrément le texte au long des pages.
Et j'ai appris des choses sur ma propre expérience  (je me suis sentie un peu plus "éclairée"!). Certaines sensations enfouies ont même refait surface, j'ai éprouvé une profonde nostalgie, j'ai pleuré, mais j'ai aussi beaucoup ri! Dédé, donc, la boite à camembert, le yaourt* et , comment s'appelle-t-il, déjà..."Granboudiou" (?) m'ont  permis d'accéder à des plages de détente pour reprendre mon souffle dans ces vagues d'émotions qui me submergeaient souvent.
Je pense à toutes ces expériences citées que j'ai lues intensément et à leurs expérienceurs. Je souhaite de tout coeur, s'il en est besoin, pour certains d'entre eux, que la lecture de ce livre soit, comme pour moi, l'occasion de faire un pas de plus vers la réconciliation et la paix face à un fait subit qui dépasse l'entendement.
Ce grand (et épais) livre m'a permis de faire cette avancée.
D'avoir pu lire ainsi quelques passages de ma propre expérience, inscrits noir sur blanc, dans cet "espace à deux dimensions" et offerts au sens de la vision de tas de paires d'yeux avec ou sans lunettes et de couleurs variées, m'a, en quelque sorte, "réhabilitée", a réparé le silence du "non dit" que je m'étais imposé durant plus de vingt cinq ans. Cela m'a profondément soulagée, comme  libérée et procuré aussi une sensation de paix.
Ce livre traduit le résultat d'un travail de vingt ans de la part du Docteur Jean-Pierre Jourdan. Je me demande encore comment, sans avoir, à priori vécu d'EMI ou d'EHC, ce dernier a pu effectuer avec autant de conviction, de rigueur, de persévérance dans la durée, une telle recherche? Je pense que la conscience du Docteur Jourdan et ses perceptions ont peut-être la capacité de considérer les EMI et leur contexte depuis une subtile autre dimension, moins "localisée" et qui lui  procure le recul nécessaire...
Je souhaite de tout cœur que d'éminents cerveaux  scientifiques lisent, de manière phénoménologique (sans jugement à  priori), le livre "Deadline" et ouvrent la porte à la créativité de leur conscience pour aider à l'épanouissement de notre humanité.
Je vous suis très reconnaissante, Docteur Jourdan, pour la progression  personnelle que m'a apportée votre livre. Mais il est, avant tout, un magistral plaidoyer pour légitimiser ces expériences étranges dont notre conscience est capable.
 
C.O. Expérienceuse de Deadline

*NDR: ou… fromage blanc!?

 


Note de lecture : "Deadline - Dernière limite" Expériences de Mort Imminente - 20 ans de recherche sur une énigme scientifique par le Dr Jean-Pierre JOURDAN, préface du Dr Raymond Moody, postface d'Evelyne-Sarah Mercier Edition Les 3 Orangers - janvier 2007

Attention événement ! La parution du livre du Dr Jean-Pierre Jourdan en est un, et doit être saluée comme tel. Jamais les témoignages de ceux qui ont frôlé la mort - ou pas, d'ailleurs - n'avaient été analysés et "déconstruits" au mot et à la virgule près comme dans cet ouvrage de plus de 600 pages. Et cette fois par un médecin qui "creuse" le sujet depuis près de 20 ans. On ne peut pas parler d'opportunisme ou de besoin de notoriété.

Quand on sait combien les mots, précisément, sont difficiles à choisir pour relater ces vécus qui sont d'abord qualifiés d'expérience "ineffable" par la totalité des témoins, on comprend que ceux finalement utilisés comptent en quelque sorte double, voire triple. Il n'y a pas de mots, disent-ils dans un premier temps, parce que l'expérience que l'on appelle "de mort imminente" ne se déroule pas dans notre réalité habituelle. Elle a "lieu" dans un ailleurs, où n'ont plus cours nos notions d'espace ni de temps, nos modes de perception habituels, nos repères, nos valeurs... Est-ce le "temps du rêve" comme le nomment les aborigènes d'Australie ? Est-ce le "Tout Autre" de Rudolf Otto, ou bien l'expérience qu'il qualifiait de "numineuse" à propos de la relation au sacré, ou faut-il encore fabriquer d'autres mots, plus savants ? Qu'importe ! N'avons-nous pas fini de nous payer de mots ?

Ces dizaines de millions de témoins - hommes, femmes et enfants de toutes nationalités, cultures, religions, niveaux d'éducation, etc. - finissent seulement par exprimer qu'ils ont rencontré une énergie qui dépasse toute conception, tout concept, toute notion. Ils l'ont rencontrée, mais bien plus que cela, ils ont fusionné, se sont fondus en elle, et ils ont réalisé qu'ils ne faisaient qu'un avec cette énergie. Qu'elle nous constitue, qu'elle est à la fois l'amour, la connaissance, la conscience. Faut-il y mettre des majuscules ? Pour qui cela fait-il une différence ? Cette énergie, cette force est notre nature-même, si seulement nous voulons bien reconnaître que nous en avons une ! Sommes-nous prêts à envisager une seconde que nous ne sommes pas nés du chaos ou du néant, et à en accepter les implications, les responsabilités ? Jean-Pierre Jourdan a sélectionné 70 témoignages parmi les centaines recueillis par les écoutants de l'association Iands-France au cours des 20 dernières années. Ceux-là sont les plus complets, les plus riches, les plus à-même de nous donner à comprendre ce que cette expérience recèle, le message qu'elle porte.

La vie après la mort ? Peut-être, mais là n'est même pas l'essentiel. Ouvrons les yeux : c'est ici et maintenant que tout se joue. Qui sommes-nous ? Première des interrogations gnostiques à laquelle la science et la philosophie n'ont pas répondu. C'est de cela dont nous parle l'EMI. Quand bien même continuerions nous d'exister après la mort, quel intérêt si c'est pour y reconduire nos veuleries, nos hypocrisies, nos "minableries"... avec pour seule différence la certitude cette fois qu'il y a bien une vie après la mort. Si c'est en effet le cas, il va falloir accepter de s'entendre demander : "Pourquoi as-tu attendu d'être ici ? D'ici tu ne peux plus agir comme tu le pouvais avant...". "A quoi ta vie a-t-elle servi ?" Comme Nicole, ce témoin à qui il fut demandé au cours de son expérience : "Comment as-tu aimé ? Qu'as-tu fait pour les autres ?". Il y a des Abbé Pierre pour ça, et des Sœur Emmanuelle, répondent les cyniques, crocodiles verseurs de larmes aux cérémonies et commémorations. Je n'ai rien fait parce que je n'avais pas de preuve qu'il fallait que je fasse quelque chose, répondent les "sceptiques". Que tous ceux-là se préparent dès maintenant à regretter leurs paroles et avaler leurs chapeaux pour l'éternité. Gare à l'indigestion !

Dieu ?? Qu'importe, là aussi ! Dieu n'est qu'un mot, inventé par les hommes tout comme les religions qui les séparent au lieu de les réunir. Ce qui compte, encore une fois, c'est ce que nous sommes, réellement, ontologiquement. Qui a peur du réel, même au-delà des apparences, au-delà du sensible ? La peur naît de l'ignorance et la nourrit en retour. Pour sortir de ce cercle visqueux, rien de tel qu'un bon coup de pied au Q.I. !

Qu'on se rassure, Jean-Pierre Jourdan n'est ni aussi solennel, ni aussi dramatique. Tout au contraire ! Tout cela est dit avec un humour inégalé, iconoclaste "en diable". Qu'on en juge - contrairement à une sage injonction - par la couverture du livre qui ose détourner l'image sacro-sainte du tunnel en y faisant figurer une femme nue en plein milieu ! Oui, l'EMI nous parle de la vie, pas de la mort !

Ce que les témoins disent, après avoir choisi leurs mots et leurs façons de le faire, le Dr Jourdan nous le découpe en tranches fines, nous l'assaisonne d'un commentaire aussi frugal que pertinent, et nous le sert enfin dans sa simple évidence. Les "invariants", nombreux, nous permettent de comprendre ce que ces témoins ont vécu, ressenti au plus profond d'eux-mêmes, ce plus profond qui est à la fois un "hors d'eux-mêmes". Mais, et c'est là que le travail de Jourdan prend une autre dimension - au propre comme au figuré - ils nous permettent de comprendre aussi ce qu'eux-mêmes n'ont pas vraiment compris "sur le coup", à savoir que cet ailleurs, il nous est possible de commencer à le caractériser, à l'objectiver. "Je voyais les objets en transparence", "je voyais dans toutes les directions à la fois", "je voyais depuis partout à la fois", "je me déplaçais comme un zoom instantané"... Ce genre d'invariant, bien connu des chercheurs qui s'intéressent à l'EMI, personne ne comprenait vraiment ce qu'il signifiait, jusqu'à ce que Jean-Pierre Jourdan nous l'explique par une analogie simplissime : le passage d'une dimension d'espace N à une dimension N+1.

Une dimension supplémentaire. "Tout se passe comme si" les témoins avaient perçu depuis une dimension qui engloberait non seulement les 3 dimensions d'espace, mais aussi la dimension temps. Un témoin a ainsi vu toute sa vie comme un objet dont il pouvait faire le tour... Ce modèle est extrêmement prometteur du fait même de cette élégante simplicité qui caractérise les grandes théories scientifiques. Les analogies sont tellement nombreuses et frappantes qu'il est certain que le Dr Jourdan a mis le doigt là où ça fait bien ! Lorsqu'il a présenté son modèle lors des 1ères Rencontres Internationales sur l'Expérience de Mort Imminente à Martigues le 17 juin dernier, l'assistance était partagée, beaucoup ne comprenant pas où il voulait en venir. Avec son détachement et son habituel sens de la dérision, Jean-Pierre Jourdan s'est contenté de traiter l'aspect "spatial", laissant le temps à plus tard... Un membre au moins de l'assistance a toutefois pris la mesure du caractère "génial" de cette réflexion : le Dr Raymond Moody, qui était l'invité d'honneur de cette journée. Le lendemain, il confiait à l'auteur de ces lignes avoir été réellement bluffé par cette présentation, et se proposait de rédiger une préface à son livre... ce qui est aujourd'hui chose faite. Une préface dans laquelle le Dr Moody confirme sa première impression, à savoir qu'il a eu le sentiment de se trouver devant un nouvel Einstein. N'en jetez plus ! Jourdan affirme qu'on le compare plus volontiers à Gaston Lagaffe, mais les deux personnages ne sont pas si éloignés l'un de l'autre. Son modèle est ici présenté dans tous ses détails et avec force illustrations. Personne, aucun scientifique, aucun médecin, ne pourra plus dire "je ne savais pas..." que l'EMI, loin d'être une hallucination, est bien une source immense de connaissance, de compréhension de la conscience et de la nature humaine.

Un dernier bravo ; il est pour l'éditeur Les 3 Orangers. Ne boudons pas notre plaisir, celui de voir 20 ans de travail et de réflexion réunis en plus de 600 pages pour constituer cet ouvrage de référence. Passer à côté serait indigne de quiconque prétend s'intéresser à l'humain, dans toutes ses conditions, et dans toutes ses dimensions.

Jocelyn Morisson, journaliste. 29 janvier 2007





Sectes, religions, Iands et laïcité:
un échange et quelques précisions


Cher Docteur Jourdan,

D'abord, permettez moi de vous saluer amicalement et de vous féliciter pour votre ouverture d'esprit et votre courage intellectuel, et également de vous remercier pour ce site vraiment utile, rigoureux, et d'une présentation agréable.
Une seule petite observation moins positive de la part du chrétien luthérien que je suis, à propos de la page "Prédateurs" (au demeurant indispensable pour mettre en garde contre les sectes et églises sectaires en tous genres) : il existe des églises et religions non sectaires, et il me semble pour le moins simpliste de traiter leurs dogmes ou la révélation sur laquelle elles se fondent comme de simples projections humaines ayant un vague rapport avec les réalités spirituelles.
Je ne connais pas bien l'Islam, le Judaïsme et le Bouddhisme, mais il me semble que ces spiritualités peuvent être vécues sans se retrancher de la société et sans renoncer à la maîtrise personnelle de sa vie, ce qui les différencie radicalement des mouvements sectaires.
Le Christianisme, auquel j'appartient (je suis membre de l'Eglise Evangélique Luthérienne de France -rien à voir avec les Evangélistes, il s'agit de l'Eglise héritière de la Réforme de Martin Luther), est une religion dans laquelle Dieu se fait homme pour LIBERER l'humanité de ses vicissitudes, de ses aveuglements, de tout ce qui l'enchaîne à une condition d'esclave de ses pulsions égoïstes et mortifères.
Non seulement cela est à l'antipode de toute aliénation sectaire, mais dire que cela ne serait qu'une projection humaine inspirée par une très vague compréhension des réalités spirituelles me paraît pour le moins péremptoire. Je serais tenté de vous demander "Qu'en savez vous ?" "Sur quoi vous fondez-vous pour dire cela ?"
Je comprends bien et j'approuve totalement le champs purement médical et scientifique de ce site, et je crois que c'est un outil formidable pour aider le lecteur à se défaire d'un éventuel rationalisme sectaire. Mais il me semble aussi qu'abordant le danger des prédateurs du spirituel, il n'est pas juste de présenter l'agnosticisme comme unique garantie contre ces dangers.
Dans les églises chrétiennes adhérentes à la Fédération Protestante de France, dans l'Eglise Catholique Romaine, et dans les Eglises Orthodoxes, les fidèles sont libres, tolérants, appelés à voir la Perfection Divine en tout être humain, même les plus dégradés par leur existence, à conduire leur vie par des décisions d'adultes à la lumière des valeurs de l'Evangile, et dans une humilité faite de lucidité sur soi-même et sur ses motivations profondes (surtout dans le Protestantisme).
Bien sûr, la révélation chrétienne n'a rien à voire avec la méthode hypothético-déductive et expérimentale de la science.
Mais n'existe-t-il pas des domaines tout à fait pertinents et dignes d'intérêt qui ne sont pas compréhensibles par la méthode scientifique, ne serait-ce que sur le plan humain où des "phénomènes" tels que la joie, la confiance ou les choix moraux d'un individu ne sont pas observables de la même manière que l'inertie d'un mobile ou la combustion d'un gaz ? Et pourtant, ces "phénomènes" existent indubitablement.
De même, la non-démontrabilité scientifique d'une révélation religieuse  ou d'un courant d'idées altruiste en annulerait-elle la valeur ?
J'ai l'impression que le mépris des religions révèles procède du même mécanisme idéologique que celui qui conduit un certain nombre de neurologues à mépriser la psychologie : hors de la physique et de la chimie, point de salut...
De telles conceptions condamnent celui qui les partage à un enfermement dans le monde des phénomènes de la matérialité non-humaine, et peut même conduire à une forme d'inhumanité par mépris des biens du coeur ravalés à de simples sécrétions de neurotransmetteurs...
Je connaît personnellement un scientifique qui a réalisé qu'il avait fait totalement l'impasse sur l' aspect humain de sa vie lorsqu'un de ses fils s'est suicidé... Peut-être les dimanches passés à sa table de travail pour ses recherches scientifiques auraient-ils été mieux employés à vivre avec ses enfants, à les écouter, à jouer avec eux ?
Loin de moi de mépriser la science ou de rejeter un rationalisme ouvert et de bon alloi dont le bon sens prémunisse contre les tentations obscurantistes et les délires psychotiques. Mais la science et la pensée rationnelle doivent avoir leur juste place et doivent abandonner leur prétention de toute puissance idéologique. La science n'est pas pertinente dans tous les domaines, et les domaines qui lui échappent ne sont pas méprisables. Il faudra bien revenir sur la toute puissance de la science décrétée bien naïvement par le 19ème siècle positiviste.
Quels que soient les options spirituelles personnelles de celui qui le ferait, détourner de leur projet ceux qui ressentent le besoin d'adhérer à une révélation religieuse non-sectaire serait prétentieux et risquerait justement de les précipiter dans les mouvements sectaires.
Pardonnez mon plaidoyer un peu long, mais s'agissant d'un site aussi passionnant et pertinent que le votre, je tenais à vous faire part de ce point qui me paraissait dangereux. Lucidité protestante oblige, je crois que rien ne doit être passé sous silence, et qu'une seule chose serait boiteuse dans un ensemble parfait, elle n'a pas à être mise sous le tapis.
Vous remerciant encore pour votre site,



Bonsoir,

Je suis désolé que vous ayez pu interpréter cette page de manière négative pour les religions.  Elle est uniquement destinée à avertir les personnes fragiles sur les diverses ruses des sectes (et il faut reconnaître que dans certains pays la frontière entre les deux  est plutôt floue) et les dangers qu'elles représentent.
Il n'est absolument pas question de mettre les religions dans le même panier. Notre association réunit autour d'un même centre d'intérêt des personnes très diverses. Certaines sont athées ou agnostiques, d'autres adhèrent à l'une ou l'autre religion, mais la foi est une affaire personnelle qui n'entre pas en ligne de compte. Nous essayons depuis les débuts d'effectuer une recherche et d'apporter une information sans a-priori ni orientation particulière. Nous ne promouvons en particulier aucune interprétation, préférant,  étant donné la complexité du sujet, exposer les nombreuses questions qu'il pose et qui sont pour l'instant sans réponse.
Sur un plan personnel, je respecte toutes les voies de recherche individuelles authentiques, qu'elles soient spirituelles, existentielles, philosophiques ou autres, tout en gardant une distance nécessaire à un minimum d’objectivité. Concernant les sectes, il ne s'agit pas à mon sens de spiritualité vraie,  mais de démarches obscurantistes et de stratégies souvent parfaitement organisées dans le but très matériel de conserver ou d'accroître un pouvoir financier et politique tout à fait séculier.
Je suppose que le passage qui a motivé votre réaction est le suivant :

"Pour la plupart, les églises en général , leurs dogmes et croyances et même leur propre religion "originelle" sont comprises comme des "projections"  humaines de quelque chose de beaucoup plus profond et fondamental. Si vous êtes de ceux là, vous êtes donc a priori vacciné(e) contre toute récupération."

Il ne s'agissait là  aucunement de faire un amalgame, plutôt d'une manière d'expliquer que "qui peut le plus peut le moins".
Ceci dit, si  les personnes qui ont vécu une EMI peuvent conserver une foi proche de celle qu'elles avaient avant leur expérience, il semble d'après la grande majorité des témoignages (plusieurs centaines) que j'ai pu étudier qu'elles se détachent des rites et des dogmes, quand ils existent, pour une recherche de sens (que l'on peut bien entendu qualifier de "spirituelle") plus individuelle. Il semble d'ailleurs que des personnes agnostiques à l'origine découvrent elles aussi cette quête de sens. C'est là une quasi constante de ces expériences que l'on ne peut que constater, et non une opinion.
Je détaille tout cela dans un livre qui devrait paraître à la rentrée 2006 et qui résumera 18 ans d'exploration et d'interrogations .
Tout à fait d'accord avec vous sur le fait qu'il existe des domaines qui échappent à la science. Science et religion (mais je préfère le mot plus vaste de spiritualité, même s'il est trop souvent galvaudé) sont deux manières différentes d'appréhender le monde, et essayer d'avoir un point de vue scientifique (qui est à mon avis nécessaire pour aider à notre compréhension d'un phénomène dont il ne faut pas oublier qu'il est avant tout une expérience humaine bouleversante) ne signifie absolument pas mépriser tout ce qui n'est pas science.
J'espère avoir répondu à vos interrogations, et vous avoir rassuré.

Très cordialement
Dr Jean-Pierre Jourdan, Webmaster



Cher Docteur Jourdan,
 
       Ce sont effectivement les paroles que vous citez qui m'avaient fait réagir, puisque les dogmes et rites définis au Concile de Nicée sont effectivement les bases de ma Spiritualité chrétienne, en particulier avec le Credo de Nicée ("Je crois en Dieu le Père tout puissant...") qui me rappelle Qui est le Rédempteur, le Verbe de Dieu fait chair, credo qui donne à ma vie son sens profond le plus magnifique, puisque je m'y trouve infiniment et personnellement aimé de Dieu de toute éternité et rendu à la pleine dignité de mon héritage divin malgré mes fautes.
     Les dogmes sont là pour définir les religions et leur spiritualité particulière, dans le cadre d'une révélation spécifique, et il me semble bon (sans tomber dans le fondamentalisme) de choisir une seule religion et de s'y épanouir spirituellement, plutôt que de butiner avec justement le risque d'être récupérable par n'importe quelle secte... Toutes les grandes religions ont certainement leur part de vérité et leur importance dans les plans du Créateur pour nous, elles peuvent s'éclairer mutuellement sur de nombreux points, mais il me semble que les originaux ont beaucoup plus de sens que les copies mélangées que nous offre le New Age, essentiellement soucieux de brouiller les pistes et leur sens comme dans le Da Vinci Code...
Je respecte parfaitement le point de vue des agnostiques, mais je trouverais dommage que quiconque se prive d'une spiritualité chrétienne, musulmane, juive ou bouddhiste par peur d'un carcan qui le priverait de sens, alors qu'il s'agit précisément du contraire... d'une vie débordante de sens et d'enthousiasme, dans laquelle ce sur quoi on compte, ce à quoi on fie ce qu'on a de plus précieux est bâti sur des fondations solides, et non sur les bons sentiments d'un moment ou sur un mysticisme démagogique qui admettrait tout et son contraire comme vérités égales.
Par exemple, être libre et croître dans la Vie implique de renoncer à tout ce qui vous dégrade et vous enchaîne (le péché - en Grec "manquer sa cible", agir hors ou à l'encontre de sa vocation d'homme libre fait à l'image de Dieu- ). Il serait bien sûr bien plus populaire de ne pas proclamer cette vérité, mais ce serait justement vider de sa substance l'Evangile de Libération du mal sous toutes ses formes...
Oui, toute vraie spiritualité implique le choix de formes spécifiques et cohérentes, donc un renoncement à d'autres formes possibles, sans lequel la quête de sens se transformerait en un consumérisme New Age où chacun puiserait dans les rayons d'un vaste supermarché "spirituel" à la recherche de sa satisfaction nombriliste immédiate.
    Pardonnez moi d'avoir été un peu long dans mon développement . Votre perspective laïque et bienveillante me paraît excellente s'agissant d'un site destiné à tous, et il ne s'agissait que d'une mise au point sur un détail.

         Sur la laïcité, voir par exemple cette page sur le site du GEMPPI



Aveugles et borgnes
Jean-Michel Jutge


       Peut-on expliquer et comprendre une N.D.E. par une approche extérieure ? Dans quelle mesure la science médicale ou autre peut-elle aider celui qui a vécu cette expérience ? Tout dépend du regard que l'on porte sur le phénomène et la relation que l'on établit avec lui, car s'ouvrir et accepter la réalité d'expériences de conscience qui transcendent le cerveau humain et la matière nous oblige à reconsidérer notre propre point de vue, qui apparaît alors extrêmement étroit et limité. Pour donner une image, nous nous trouvons alors dans la situation d'une humanité aveugle qui essaierait de comprendre l'expérience de celui qui aurait entraperçu, pour un temps, un rayon de lumière, ou un paysage lumineux tout autour de lui, et toutes les informations en découlant. Comment une telle humanité pourrait-elle aider ceux qui auraient vécu ce genre d'expériences et l'expliquer, tout en restant aveugle ? elle risquerait d'avoir beaucoup de difficultés, et plus encore, de créer une grande frustration chez les expérienceurs. La réalité de ces expériences nous oblige donc fatalement à un retour sur nous-mêmes et sur la réalité de notre nature humaine, et bien plus que d'essayer d'intégrer ou de réintégrer l'expérienceur dans une humanité aveugle, ce qui risque de le déstabiliser, n'aurions-nous  pas tout intérêt à nous ouvrir encore plus, écouter et observer ce que celui-ci peut nous apprendre d'une réalité de l'esprit, de la conscience ou de la nature humaine dont nous ignorons tout, non pas pour acquérir une connaissance supplémentaire, bien que cela soit d'un intérêt indéniable, mais plutôt pour nous sortir de notre cécité. 
        Une démarche scientifique qui serait complète ne pourrait passer que par là car nous touchons là au domaine de l'humain et sa nature existentielle et non pas à quelque objet extérieur qui puisse être mesuré. La vue étant là nous aurions alors tout le loisir de classifier, quantifier, rationaliser, confronter avec d'autres expérimentateurs ce qui serait une réalité ou une dimension de l'existence ou de l'univers auxquelles l'humain n'a accès que dans des situations exceptionnelles ou extrêmes. 
        Mais notre difficulté à appréhender de l’intérieur ce genre d'expériences vient du fait que nous nous sentons coupés, séparés, isolés de l'autre, et précisément, c'est cette absence de séparation, cette sorte d'unité transcendante avec le tout que nous révèlent ces expériences, et la possibilité pour l'esprit humain d'y accéder. Sans pour cela être obligé de devenir mystique, c'est de ce fait que viennent témoigner la plupart de ceux qui ont vécu cette absence de séparation, parfois brutalement, mais bien souvent en en rapportant quelque chose, le sentiment que cela est possible et en gardant quelque part une porte ouverte les rapprochant de leurs frères humains. 
       Alors bien entendu face aux croyances et aux structures de la psyché, cette découverte, pour celui qui la vit, peut bousculer, voire déstabiliser. Rien de plus normal, car cette psyché s'est construite sur notre état d'aveuglement, pour reprendre notre image, et le temps du réajustement peut être plus ou moins long selon les individus. Mais c'est là que l'accompagnement peut être utile et efficace, en aidant l'autre à intégrer plus rapidement ses nouvelles données, et comment faire au mieux cela si ce n'est en les ayant déjà intégrées pour soi-même. 
       Dans ce contexte, seul un expérimentateur se donnant comme vocation cet aspect, ou seul un chercheur ayant eu suffisamment d'écoute pour vivre en son cœur et à travers le récit oral de l'expérimentateur, cette compréhension intime, seuls ceux-là peuvent aider au mieux et tirer le meilleur enseignement de ce que peut être une N.D.E. et découvrir peut-être le moyen de partager et d'en retirer des bénéfices pour tous. Nous rejoignons là ce qu'ont alors tenté de faire différentes religions ou spiritualités avec leurs moyens propres. Mais nous ne sommes pas des religieux et voulons rester objectifs. Il y aurait donc là toute une autre approche à découvrir et à mettre au point qui permettrait de tenir compte à la fois du caractère rationnel et nécessaire à cette démarche, et à la fois de son caractère transcendant.

Jean-Michel Jutge – Professeur de yoga
  http://members.aol.com/jmjutge/kundalini/




Une brève réflexion à propos des EMI et
l'origine des religions par Daniel Maurer


        Suggérer que les Expériences de Mort Imminente sont à l'origine des religions du Livre est une hypothèse digne du meilleur intérêt. Les Ecritures recèlent en effet, comme nous allons le constater, de troublantes analogies avec les récits d'Expériences de Mort Imminente.
        On soulignera tout d'abord ces visions d'une lumière éblouissante, parfois associées à l'apparition de personnages célestes, dont la conversion de Saul (Actes, IX, 3-5 et XXII, 6-8) sur le chemin de Damas est l'exemple le plus... lumineux. Ce même Saul, devenu Saint-Paul, revient dans sa deuxième épître aux Corinthiens (XII 2-4) sur cet extraordinaire vécu qui n'est pas sans rappeler les vertus transcendantales d'une EMI : « Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu'au troisième ciel (...). Et je sais que cet homme (...) fut enlevé dans le paradis, et qu'il entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer. » Ineffables, en effet, confirmerait un expérienceur contemporain.
       Le fait de rencontrer plus d'une similitude de cet ordre dans les textes sacrés incite à la réflexion. De celle-ci le croyant déduira tout naturellement que les EMI trouvent leur explication dans la religion. Qu'elles sont une éclatante démonstration de sa légitimité et de l'authenticité de son message. Mais pourquoi ne pas oublier, un instant, deux millénaires de conditionnement doctrinal et imaginer la proposition inverse ? À savoir que les EMI, et plus largement les états modifiés de conscience de nature transcendantale, sont en mesure de rendre compte de l'avènement des religions. Cette hypothèse, peut être audacieuse , ne remet pas en cause l'existence d'une intelligence supérieure, qu'on l'appelle Dieu, Allah, Yahvé ou autre Grand Architecte.
        Parmi les similitudes qui plaident en faveur de cette hypothèse on retiendra la longue méditation de Jésus dans le désert, lorsque l'apparition des anges est venue mettre un terme à la tentation à laquelle le soumettait le Malin (Matthieu, IV, 2-11). Dans ce cas précis l'analogie avec les EMI à connotation négative, qui s'achèvent par la vision de personnages célestes venus sauver l'expérienceur, n'échappera pas à celui qui reprendra la lecture du texte sur la base de cette interprétation.
        Ces quarante jours de jeûne et d'isolement endurés par Jésus-Christ représentent d'ailleurs le contexte inducteur idéal d'une expérience mystique, analogue en bien des points à une EMI. En effet, isolation sensorielle, méditation, psalmodies, abstinence, sont connus pour être propices au déclenchement de ce type d'états modifiés de conscience. Ce contexte a d'ailleurs eu la faveur des mystiques de tout temps, quelle qu'ait été leur confession. Aujourd'hui il n'est plus utilisé par les seuls contemplatifs puisqu'il est mis à contribution, de façon mesurée, dans le cadre de thérapies de développement personnel visant parfois à l'éveil à une dimension supérieure de l'être : sessions de méditation dans le désert, en forêt, en montagne ou en d'autres lieux isolés.
          Mais plus encore, les fondateurs de deux autres grandes religions, l'Islam et le Bouddhisme, connurent eux-aussi la révélation dans un contexte identique. Quelle coïncidence ! n'est-ce pas. Ce fut le cas de Mahomet, auquel l'ange Gabriel apparut alors qu'il méditait dans une caverne du mont Hirâ et du prince Siddharta Gautama, le Bouddha, éveillé lors de sa méditation sous un figuier à Bodh Gaya, en Inde. Ces trois adeptes de la méditation solitaire que furent Jésus, Mahomet et Bouddha se mirent ensuite en devoir, à leur tour, d'éclairer les hommes.
         Peut-on raisonnablement en appeler au hasard dans le fait que les fondateurs des trois plus grandes religions actuelles ont vécu une expérience identique ? Une expérience qui donnera corps à leur enseignement et dont les répercussions pèsent aujourd'hui encore sur la destinée de plusieurs milliards d'hommes.
        Leur enseignement initial, qui a pris racine dans la puissante expérience intérieure qu'ils ont vécu, insistait sur l'importance de l'amour, sur la notion d'interdépendance et sur les vertus du bien. Pour un expérienceur ordinaire cette puissante expérience intérieure débouche pareillement, on le sait, sur des répercussions positives similaires. Mais sachant aussi qu'une EMI est influencée par des éléments d'ordre biographique et culturel on en déduira, dans le cadre de la présente hypothèse, que les nuances entre les religions relèvent de ce modèle ; chaque religion ayant été marquée, dès l'origine, par l'empreinte personnelle et par la culture de son fondateur, puis par celles de ses disciples et chroniqueurs successifs.
       Un autre indice vient conforter la thèse du rôle primordial des EMI dans l'émergence des religions. Il se rapporte à une forme de monothéisme qui avait vu le jour treize siècles avant Jésus-Christ par la volonté du pharaon Akhenaton (Aménophis IV). Celui-ci entendait rendre un culte sans partage au soleil, qu'il considérait comme l'unique dispensateur de la vie. Il est aisé de postuler ici que le rituel de mort/renaissance  auquel était soumis le pharaon et les hauts dignitaires, a débouché, pour Akhenaton, sur une EMI profonde caractérisée par la fusion avec la lumière ; ce " soleil de bonté et d'amour " comme l'indiquent certains expérienceurs.
       Moïse lui-même, recueilli par la fille du Pharaon, était prince égyptien par adoption. Et à ce titre il est fort probable qu'il ait été initié, dans un rituel de mort/renaissance similaire. Et sa rencontre avec Dieu sur le mont Sinaï, au sommet duquel le prophète s'était retiré après une longue errance dans le désert à la tête du peuple hébreux, n'est pas moins évocatrice, d'une façon plus symbolique, de certaines caractéristiques d'une expérience d'expansion de la conscience : « ...il y eut des tonnerres, des éclairs, et une épaisse nuée sur la montagne ; le son de la trompette retentit fortement... » (Exode XIX,16-17). Ou encore : « La montagne était embrasée, et les flammes s'élevaient jusqu'au milieu du ciel. Il y avait des ténèbres, des nuées, de l'obscurité. » (Deuteronome IV, 11-13).
       L'hypothèse que le récit de cette rencontre sur le mont Sinaï ait été l'expression symbolique d'un état d'expansion de la conscience, comparable à une EMI, apparaît à nouveau, plus clairement, dans un passage du même Deuteronome (V, 26-27) : « Quel est l'homme en effet, qui ait jamais entendu, comme nous, la voix de Dieu vivant parlant du milieu du feu, et qui soit demeuré vivant ? » Ce que l'on peut aisément interpréter comme l'audition de la voix de Dieu venue d'une intense lumière (du milieu du feu). Un phénomène qui ne pouvait être vécu qu'à l'approche de la mort, puisque « ...et qui soit demeuré vivant ? »
         Ainsi, les fondateurs des grandes religions et leurs prophètes connurent probablement un état modifié de conscience d'un réalisme saisissant, de l'ordre d'une EMI ou d'une expérience mystique profonde. Ils se trouvèrent alors en présence de cette lumière, identifiée à Dieu, qui leur délivra un message d'amour comparable à celui dont nous parlent les expérienceurs contemporains et qu'ils interprétèrent à partir de leurs traditions.
Ces rencontres avec l'être de lumière, nous ne l'ignorons pas, amènent le sujet à reconsidérer profondément sa relation aux autres. Pour celui qui a vécu pleinement une telle expérience, l'existence d'une conscience supérieure est une évidence première et l'amour du prochain ou, si l'on préfère une formule moins pompeuse, la véritable solidarité des hommes, une impérieuse nécessité. S'y ajoute le respect de toute forme de vie, la certitude d'une continuité par delà la mort, etc. Ces principes auxquels tentent de se soumettre les expérienceurs, très peu y parviennent vraiment, sont la base des grandes religions. Et le décalogue remis à Moïse, qui résume l'enseignement reçu lors de son expérience d'expansion de la conscience, est parfaitement conforme à l'enseignement reçu de la Lumière par les expérienceurs d'aujourd'hui.
        L'analogie entre les pouvoirs surnaturels que l'on prête aux initiateurs des grandes religions, tels que les pouvoirs de précognition et de guérison, et ceux dont certains expérienceurs font preuve relève également de notre propos. Le charisme de celui qui a fusionné avec la Lumière de Vérité favorise incontestablement le prosélytisme et il ne fait guère de doute que dans le contexte de l'époque où vivait Jésus, considéré ici comme un expérienceur-modèle, ses disciples aient vu en lui le Messie dont parlaient les Ecritures. Mais les disciples, on ne le sait que trop, vont parfois bien au-delà des enseignements du maître et ne sont pas nécessairement des chroniqueurs objectifs. Aussi, pour asseoir la valeur de sa doctrine, est-il vraisemblable qu'ils aient été tentés d'amplifier la portée de son pouvoir de guérison et lui aient prêté la faculté d'accomplir des miracles.
       De fait, et à leur décharge, les expérienceurs qui ont développé ce genre de pouvoir ont parfois eu la surprise d'obtenir des résultats véritablement miraculeux : rémission d'une maladie grave ou guérison inespérée. Il est connu, par ailleurs, que le prestige accordé à celui qui détient le don de guérir conditionne favorablement l'évolution de la maladie. Ces considérations laissent donc à penser que les fondateurs des grandes religions furent sans aucun doute des guérisseurs hors-pair. L'efficacité du prestige dont ils jouissaient ne pouvait manquer d'aboutir de temps à autre à des résultats miraculeux, grâce à un mécanisme de suggestion directe tout autant que par celui d'une autosuggestion par contamination (bouche à oreille).

            Au terme de cet exposé succinct, la portée de l'hypothèse qui le motive mérite d'être mieux ajustée. Si l'origine des religions actuelles et des diverses croyances en la survie était un jour attribuée au phénomène que l'on nomme Expérience de Mort Imminente, alors ce phénomène devrait être considéré comme la matrice essentielle de la plupart des cultures qui ont cours sur la planète. Vertigineuse perspective !
 

       Daniel Maurer: La Vie à Corps Perdu




L'ANALOGIE INFORMATIQUE
Un modèle explicatif pour les NDE     
© Jean-Marc Viallet- 2005


    
    1-INTRODUCTION

    Les Nde (near death experience- EMI ou expérience de mort imminente en français) sont un véritable défi au sens commun et à la science de notre temps. Je ne vais pas ici détailler ce genre d'expérience : voir le site de Iands France (http://www.iands-France.org) pour de plus amples informations.
    Bien que n'ayant pas moi-même subi ce genre d'état, je ne doute pas de sa véracité et des témoignages : c'est pourquoi je me questionne sur une explication éventuelle, la science actuelle n'en fournit pas et l'explication officielle est l'hallucination.
    Je pense qu'une nouvelle science, extension de l'actuelle, est à découvrir ou à inventer.
    Je présente ici des extraits de mon livre " pensées analogiques " , avec le cheminement intellectuel qui me conduit ici. En particulier :
    Ensuite viennent les considérations pour concilier NDE avec ordinateur cosmique…
    A la manière d'un Lucrèce qui arrivait à la conclusion de l'existence des atomes par la simple observation des éléments familiers et le raisonnement, j'élabore ici une hypothèse intuitive qui reste à mettre en équation pour en faire une véritable science (un peu à la manière dont Lee Smolin a discrétisé les équations de la relativité): à vous chercheurs et mathématiciens…


    2- DU PROGRÈS

    Pour une conscience une fois formée, c'est à dire pour l'adulte, la perception du monde se réfère à sa culture- Cette 'vision du monde' sera modelée par la religion d'origine, les convictions personnelles, mais surtout en occident par la compréhension scientifique du monde.
    Par exemple, plus personne n'ignore que la terre est ronde, et on s'en rend compte facilement quant on téléphone dans un pays éloigné ou qu'on regarde à la télé un direct où il faut prendre en compte le décalage horaire, ou encore plus simplement en regardant une photo satellite: Galilée est entré dans la vie de tous les jours…
    De même la théorie de l'évolution des espèces, la découverte de l'atome, la théorie du Big-Bang amènent à une vision et une compréhension de ce qui nous entoure radicalement différente de celle du siècle dernier.
    Face à cette évolution des sciences, on peut honnêtement penser que le progrès n'est pas terminé et qu'il va se poursuivre dans les années et les siècles à venir (ce qu'oublient les " réductionnistes " pour qui tout a déjà été découvert).
    Qu'on pense aux prouesses techniques accomplies, par exemple avec l'électronique ou la radio : cela représenterait de la magie pour quelqu'un né il y a un siècle ou deux. Par simple extrapolation, il faudrait donc s'attendre à des sciences que l'on considèrerait actuellement comme" magiques " dans le futur. Bon nombre d'idées classées aujourd'hui au rayon de l'ésotérisme ont des chances de se retrouver dans la science officielle future.
    On peut se demander où va mener l'évolution à court terme, disons dans vingt ou trente ans, on peut penser être encore en vie à ce moment là pour voir ce progrès de nos propres yeux. Mais on peut aussi se demander ce qu'il adviendra à plus long terme pour les générations futures. Dans les deux cas, je pense que la science-fiction est un genre qui a son rôle à jouer pour nous permettre d'imaginer l'univers des possibles.
    Comme axe de progression, il faudra bien que la science explique un jour les NDE (Near Death Experience ou expérience de mort imminente) où les mourants se voient sortir de leur corps, observent, puis s'en vont dans un tunnel de lumière. De même pour le voyage astral (sortie du corps volontaire) que pratiquent entre autres les Tibétains. Il faudrait que la science donne également son avis sur l'idée de réincarnation. Enfin il y a toute une série de phénomènes inexpliqués (prémonition, synchronicité,…). Si on est convaincu de la véracité de ces phénomènes, et que la science décrit la réalité, il est normal de penser que cette science est aujourd'hui incomplète mais devrait parvenir à expliquer ou du moins décrire ces phénomènes dans le futur.
    Nous vivons actuellement une époque très riche en progrès technique avec principalement la micro-informatique et la biologie moléculaire. Le siècle passé a été extrêmement fertile avec deux théories majeures : la relativité et la mécanique quantique.
    Une question se pose : pourquoi nous ? Pourquoi sommes nous nés précisément dans cette époque d'accélération des sciences ?
    Déjà dans l'antiquité, Lucrèce dans " De la nature " observait des progrès techniques (machines de guerre, marine…) et en concluait que le monde était jeune, car sinon ces innovations auraient existé depuis longtemps.
    Il y a des périodes d'accélération et des périodes de stagnation, mais notre époque est indubitablement exceptionnelle.
    Mais quelle part prenons-nous à cette évolution ? Hormis la poignée de savants et de chercheurs qui font progresser la science, le citoyen se contente d'observer soit en se tenant informé par des lectures averties, soit plus simplement en observant les progrès technologiques qui l'environnent : la technologie s'est démocratisée avec l'industrialisation et le consommateur est souvent en première ligne des innovations.
    On peut se contenter tout au mieux d'attendre les nouveautés…Ce que l'on peut dire c'est qu'on est placé à un moment et un endroit privilégié pour observer ce genre d'évolution.

    
    3- DE L'ANALOGIE

    Se poser des questions et penser ou raisonner signifie utiliser le langage dont nous disposons. Mais nos mots sont-ils aptes à appréhender une quelconque réalité fondamentale ?

    On peut être tenté de répondre par la négative :
    Les mots seraient donc insuffisants et l'expérience difficilement communicable.
    Mais face à l'inconnu, tout ce que l'honnête homme peut faire, c'est utiliser les notions qu'il a à sa disposition et qu'il connaît, et raisonner par analogie.
    Ainsi les mythes de l'antiquité sont des histoires qui mettent en scène des Dieux ou demi-Dieux à caractère humain pour tenter d'expliquer les phénomènes naturels. C'est une analogie humaine pour répondre aux questions fondamentales telles par exemple la création du monde ou de l'homme.
    D'autre part, les Dieux de l'ancien temps ont un caractère humain, le tonnerre représentant la colère du Dieu ou encore ce dernier pouvant récompenser et punir.
    On voit ensuite dans le passé un usage de la métaphore agricole, par exemple dans la Bible : c'est que pour un peuple d'agriculteurs/ éleveurs c'est une notion immédiatement compréhensible.
    A partir de la renaissance, avec l'observation du ciel, l'analogie devient mécanique. Les planètes sont des boules en mouvement autour du soleil : c'est la mécanique céleste.
    Par la suite, le triomphe du machinisme fait aussi voir les choses du côté de la mécanique. Pour Descartes les animaux ne sont que des machines, des espèces d'automates naturels.
    Enfin, avec la théorie des atomes, le monde se réduit à une gigantesque partie de billard.
    Mais après l'homme, l'agriculture et la mécanique, on a maintenant des objets d'analogie plus modernes : les appareils électroniques comme la télévision ou le téléphone, et aussi l'ordinateur.
    Néanmoins, la première analogie avec l'homme n'est peut-être pas si archaïque : après tout l'homme n'est-il pas une entité beaucoup plus élaborée que toutes nos réalisations ?

     S'il y a quelque chose (plutôt que rien), nos sens n'en captent pas la totalité : si la pensée humaine est limitée par le langage et son vocabulaire, nos sens sont naturellement bridés.
    Prenons le cas des ondes hertziennes ou électromagnétiques : elles nous traversent, traversent les murs et différents obstacles, peuvent véhiculer différents types d'information (de la musique, des images, des fichiers informatiques…) mais nous n'en avons aucune sensation. Il faut un récepteur radio pour convertir ces ondes dans une forme qui nous soit accessible. Ces ondes ont été découvertes il y a seulement une centaine d'années.
    Comme il a été dit plus haut, on peut penser que la science est aujourd'hui incomplète et qu'il y a sûrement d'autres types de phénomènes qui nous soient cachés.

    L'analogie avec la télévision me semble intéressante.
    On peut par exemple imaginer que le cerveau est un récepteur et que la conscience ou âme soit située ailleurs. Comme un poste de télévision : l'image n'est pas créée dans la télé mais est uniquement reçue, la transmission par les ondes radio échappant à nos sens. Le vrai siège de l'image est le studio de télévision.
    Bien sûr un dérèglement du récepteur entraîne un dérèglement de l'image- tout comme l'absorption d'alcool ou toute autre substance agissant sur les neurones dérègle la conscience.
    Imaginons un singe devant une télé : il croît peut-être que l'image est créée dans l'appareil ou même que les scènes existent dans le poste alors qu'en fait elles sont virtuelles.
    Mais prenons maintenant un singe devant un écran de télévision éteint. Le singe peut, à force d'apprentissage, comprendre la fonction du miroir. Devant un poste éteint, le singe peut croire avoir compris son utilité comme celle d'un miroir. C'est sans compter sur le bouton de mise en marche qui fait soudain apparaître une nouvelle fonctionnalité. Mieux : on peut également changer de chaîne.
    Et si l'homme utilisait son cerveau comme une télé éteinte ou encore comme une télé en marche mais en croyant qu'il n'y a qu'une chaîne, sans soupçonner des fonctionnalités inconnues ?
    A partir du moment où il y a quelque chose, pourquoi n'y aurait-il pas quelque chose d'autre, perceptible ou non ?

    L'analogie informatique apporte également de nouvelles perspectives.
    Nos sens nous permettent d'appréhender un monde extérieur et des objets qui nous entourent. Mais qu'est-ce que la réalité ? L'informatique, avec l'apparition du virtuel, permet une nouvelle analogie. Des films de science-fiction comme " Matrix " ont joué sur l'ambiguïté entre réel et virtuel, notre réalité ordinaire étant dans ce film la simulation d'un gigantesque ordinateur. Cela rejoint les thèses orientales sur l'illusion de la réalité. Il est formidable de voir que l'évolution technologique permette aujourd'hui de retrouver des philosophies millénaires.


    4- DE LA SOUFFRANCE

    Ce sujet est si important que le but avoué d'une philosophie comme le bouddhisme est d'éliminer la souffrance.
    Mais qu'est-ce au juste que cette notion ?
    La souffrance est une douleur physique ou morale.
    En fait la douleur a une utilité : Si par exemple on touche par mégarde un objet brûlant, grâce à la douleur ressentie on retire immédiatement la main et on évite ainsi de l'endommager.
    La douleur morale a aussi son utilité et nous pousse à agir pour notre bien, par exemple la satisfaction d'un désir ou d'un besoin.
    Mais ce mécanisme est construit de manière aveugle et il est bien des cas ou la souffrance est gratuite, sans aucune utilité. On soulage par exemple les souffrances d'un malade en phase terminale avec de l'opium…
    En revenant à l'analogie informatique, on peut considérer la douleur, de même que l'envie, le plaisir et certains sentiments, à un compteur. Ce compteur est relié au reste de l'organisme (par ce que j'appellerai le " câblage " interne) et croît ou décroît en fonction de nos agissements.
    Cela fait penser aux petits animaux virtuels japonais (appelés Tamagoshis) qui faisaient fureur chez les enfants il y a quelques années. La simplicité du principe est frappante : ce sont des petits boîtiers électroniques munis en tout et pour tout d'une horloge, d'un compteur (pour la faim) d'un bouton (faisant office de nourriture) et d'une sonnerie. Le but du jeu consiste à " nourrir " l'animal à intervalle régulier en appuyant sur le bouton, sinon le compteur décroît jusqu'à zéro et l'animal meurt.
    Dans le cas du malade soulagé avec de l'opium, on n'agit pas sur le compteur de la douleur par le circuit normal (en soignant la maladie) mais directement (ou artificiellement) sur le compteur grâce à la drogue.

    
    5- DE L'AMOUR

    On peut observer comment se comporte le vivant sur cette terre : les animaux naissent, mangent et boivent pour se nourrir, grandissent, se reproduisent, meurent. La plupart dorment la nuit ( ce qui est dû à l'alternance jour/nuit causée par la rotation de notre planète)
    A la différence des autres espèces, le cerveau du petit d'homme n'a pas fini son développement à la naissance : le petit humain va continuer son évolution à l'extérieur du ventre de la mère et poursuivre un apprentissage très long avant d'arriver à l'âge adulte (compter 18ans officiellement).
    Ce qui est inné chez les animaux les moins évolués demande de l'apprentissage et devient de l'acquis pour l'homme : la culture jouant alors le rôle d'un ADN " externe ".
    En plus de l'instinct sexuel propre à tous les animaux et nécessaire pour la reproduction de l'espèce, l'homme a développé le sentiment amoureux qui permettra au couple de rester uni le temps de l'éducation du petit. Le sexe et, je pense, également l'amour ont donc comme finalité la reproduction et la préservation de l'espèce, voire de sa culture.
    Au-delà de l'amour pour une personne du sexe opposé ou de l'amour parent/enfant, il peut y avoir une sorte d'amour plus universel pour l'homme en général : ce sentiment permet également à l'humanité d'être préservée dans les meilleures conditions possibles.
    Ce serait cette forme d 'amour plus universel ou spirituel qui serait ressentit lors des NDE, concrétisé par une lumière très vive.

    
    6- DE L'ATOME

    L'hypothèse de l'atome a été vérifiée au début du XX° siècle, confirmant l'intuition de Démocrite.
    Je pense que l'on n'a pas encore tiré toutes les conséquences de cette formidable découverte : la matière loin d'être continue et infiniment fine est discontinue, discrète : il y a des " grains " de matière (qu'on ne peut pas couper en deux mais qui peuvent se transformer en d'autres particules), bref la matière est finie.
    Cela me donne l'impression de bonhommes vivant sur l'image d'un écran de télévision et qui découvrent qu'ils sont formés de pixels….
    Il est tentant d'étendre cette notion de discontinuité à l'espace et au temps : il pourrait y avoir des " grains " d'espace et des " grains " de temps . Il y aurait une échelle où on ne pourrait plus diviser l'espace en deux…
    Cette hypothèse (hypothèse car ce n'est pas observé par la physique actuelle, le grain devant être très petit) aurait le mérite de résoudre le paradoxe grec de la flèche qui n'atteindra jamais le cible : la flèche doit d'abord traverser la distance moitié entre sa position et celle de la cible, puis encore la moitié, ceci à l'infini. Dans notre hypothèse d'espace discret , il arrive un moment où la notion de distance moitié n'a plus de sens et on passe alors au " grain " suivant…
    L'axe des distances et celui du temps seraient discrets: tout intervalle contiendrait un nombre fini d'élément, ce qui me satisfait intellectuellement car je pense que l'infini est une vue de l'esprit mais n'existe pas en physique…
    Cette notion nous renvoie à l'informatique ou tout est nombre, mais nombre fini donc calculable.
    L'univers pourrait être le résultat de calcul d'un ordinateur " cosmique ", ordinateur a la puissance gigantesque et sans commune mesure avec nos misérables appareils…
    Mais quel ordre de grandeur aurait cette granularité ?
    Le physicien Max Planck , en combinant les constantes de la physique, a trouvé un temps élémentaire dit " temps de Planck " de l'ordre de 10-43 (10 puissance -43) seconde. Il ne considère pas ce temps comme une " brique " mais dit plutôt qu'en dessous de cette valeur, les lois de la physique classique cessent de s'appliquer .
    On aurait donc une " distance de Planck " de l'ordre de 10-35 mètre.
    Dans l'hypothèse discrète, une position exprimée en mètre serait un nombre avec 35 chiffres après la virgule.
    Le temps exprimé en secondes aurait 43 décimales…
    La fréquence la plus élevée possible, ou fréquence horloge de notre ordinateur cosmique, serait de l'ordre de 1043 hertz (10 millions de milliards de milliards de milliards de Giga-hertz)
    On voit que même à l'échelle de l'atome ( 10-10 m) le grain est infime et on peut sans problème utiliser les équations différentielles (approximation par l'infiniment petit) pour les fonctions d'onde qui décrivent les particules.


   7- De la relativité

    L'hypothèse d'un espace temps discret nous permet d'aborder intuitivement ce qu'on pourrait appeler les paradoxes de la théorie de la relativité, du moins pour le sens commun.
    Si tout le monde admet par exemple le fait que c ,vitesse de la lumière, soit la vitesse la plus grande possible, on ne comprend pas intuitivement cette limitation. De même pour la relativité du temps avec la vitesse…
    Si un " atome " d'espace Δx est parcouru en un " atome " de temps Δt, on comprend immédiatement que la vitesse maximum est c = Δx/Δt. C'est en quelque sorte la rapidité de performance de notre ordinateur cosmique.
    Une approche intuitive de la relativité du temps m'est venue en travaillant sur console informatique : Les serveurs en temps partagé traitent plusieurs utilisateurs et plusieurs calculs en même temps. Si quelqu'un lance un calcul qui mobilise beaucoup de ressources, les autres utilisateurs voient le temps de réponse de leur terminal se ralentir, ce qui est visualisé sur la courbe de facteur de charge. Cette courbe représente le ralentissement du temps relatif.
    Si l 'équivalent d'un ordinateur traite en temps partagé le temps relatif à un objet et sa position dans l'espace, on comprend alors intuitivement que, chargé par le calcul de position dû à une très grande vitesse, le temps relatif ralentisse….


    7- DE L'ORDINATEUR COSMIQUE

    Voici le décor planté, mais quel support physique aurait cet ordinateur cosmique ? En fait le principe d'ordinateur, comme celui d'information, est très abstrait : il peut prendre de nombreuses formes de support. Si le support usuel est électronique, on peut imaginer un ordinateur mécanique (dont l'ancêtre est le boulier), un ordinateur optique, etc… On peut donc imaginer un support quelconque dans un autre monde.
    Mais de la même manière que les ondes électromagnétiques n'ont pas de support physique ( il n'y a pas d'éther, comme on le croyait au siècle dernier- en fait le support est l'espace lui-même) on pourrait même imaginer un ordinateur sans support aucun.
    Ordinateur, réseaux d'ordinateurs, autres ordinateurs simulant d'autres univers, on peut tout imaginer.
    L'avantage, avec l'informatique, c'est que tout est possible : on peut tout simuler et on est uniquement limité par les performances de la machine en question.
    Si tout est discret et que notre univers est le résultat de calcul d'un immense ordinateur cosmique, le coté virtuel rejoindrait les intuitions orientales comme quoi le réel est illusion... enfin tout serait théoriquement permis
    Notre univers est limité par les lois de la physique : rien n'empêche maintenant d'imaginer une extension de cet univers avec d'autres lois et d'autres limitations…
    Ce sont justement ces autres propriétés qu'on peut essayer d'appréhender à travers des expériences du genre NDE.

    
    8- NDE ET ORDINATEUR COSMIQUE

    Le premier phénomène inexplicable qui se produit lors d'une NDE est la décorporation ou sortie hors du corps ( OBE pour out of body experience en anglais). Cette expérience aussi appelée " voyage astral " peut être aussi vécue par des personnes éveillées qui ne sont pas proches de la mort.
    La personne se voit donc au-dessus de son corps physique, possède la plupart du temps un autre corps subtil ou astral, observe et entend les conversations, a une vision panoramique à 360° et semble voir de tous les côtés à la fois. La personne devient télépathe et le corps subtil peut traverser les murs. Autre propriété étonnante : il suffit que la personne pense à un endroit pour y aller instantanément…Tout ceci avec des personnes dont l'électro-encéphalogramme peut être plat, donc sans aucune activité cérébrale.
    Le Dr JP Jourdan propose l'existence d'une 5ème dimension pour expliquer le côté visuel et les propriétés du corps subtil.
    Une éventuelle 5ème dimension ou même plus en extension de nos dimensions usuelles ne pose aucun problème aux mathématiques et peut donc être simulé dans notre ordinateur cosmique.
    Mais la principale révélation de cette affaire est la dualité corps physique/ esprit : la conscience ne réside manifestement pas dans le cerveau…
    On peut donc imaginer que les informations relatives à la conscience sont stockées dans la mémoire centrale de l'ordinateur cosmique et non pas dans l'espace. La vision astrale serait une perception immédiate dans la gigantesque base de données de l'espace/ temps un peu à la manière dont on peut visualiser une image dans un programme informatique de 3D : pas besoin d'yeux physiques mais traitement direct des données en mémoire informatique.
    Le corps astral ne serait alors qu'un avatar nous permettant de garder les habitudes du corps physique.
    Comme dans un programme 3D, on peut se déplacer instantanément à volonté…
    Pas de problème pour la télépathie dans notre modèle informatique : il suffit de se connecter à la source des informations….
    Il pourrait y avoir des zones de la 5ème dimension astrale où les personnes créeraient elle-même leur réalité un peu comme dans un rêve : c'est du moins ce que rapportent certains experienceurs.
    Enfin cette dimension serait celle des esprits dont parle le spiritisme…

    Une étape suivante de la Nde est celle du tunnel et au bout la rencontre avec une lumière : l'experienceur ressent un amour infini, a l'impression de tout comprendre, rencontre un être de lumière et des personnes disparues et revoit toute sa vie défiler devant lui.  
    On est là des les hautes couches du modèle ISO (modèle informatique en 7 couches: du matériel à l 'applicatif) de notre ordinateur cosmique- la sensation d'omniscience pourrait s'expliquer par l'accès de la conscience à une base de données de connaissance universelle. Mais les experienceurs ne rapportent pas sur terre de nouvelles connaissances : soit ils ont oublié, soit notre langage est inapte à rendre compte des réalités fondamentales…
    La revue de vie suppose l'existence d'un enregistrement d'une vie entière par l'ordinateur. Non seulement les personnes revoient des passages de leur vie oubliés, mais ils expérimentent aussi les sentiments des personnes qui les entourent dans la revue.
    Cela rejoint l'idée ésotérique des annales " akashiques " qui serait l'enregistrement entier de l'histoire du monde et que certains voyageurs astraux pourraient consulter.
    Cette étape est en quelque sorte un " grand portail " que les experienceurs ne franchissent pas : on leur dit que l'heure de mourir n'est pas venue et ils réintègrent leur corps physique.
    Qu'y a-t-il derrière ce portail : paradis, réincarnation ?
    Toute cette histoire fait effectivement penser à un jeu informatique, avec différentes étapes à franchir. Notre conscience serait en quelque sorte prisonnière du programme.
    Une autre question est celle du temps : y a-t-il un temps différent, une sorte d'intemporalité, dans les hautes couches de notre modèle cosmique ? Cela permettrait d'expliquer la rencontre avec les être disparus et la rapidité de la revue de vie.

    
    9- CONCLUSION

    Vouloir expliquer tous les phénomènes avec un principe où par définition tout est possible peut sembler dérisoire. Il me semble pourtant que le modèle informatique peut améliorer notre compréhension de la possibilité d'un phénomène aussi étrange que la NDE.
    Je pense que les mathématiques et les théories de l'information ( je pense aux machines de Turing) pourraient faire avancer la théorisation de ce modèle. Quant à l'expérimentation, il faudrait peut-être inventer des instruments astraux ou " divins " ( dans les hautes couches de l'ordinateur cosmique) pour mesurer quelque chose que les instruments purement matériels ne peuvent pas atteindre.
    En somme, tout est information.

Jean-Marc Viallet, 44 ans, est ingénieur chez Orange France.
Il s'intéresse aux NDE depuis une quinzaine d'années et a écrit
un livre de réflexions: "Pensées Analogiques", publié en 2003.
 http://perso.wanadoo.fr/jean-marc.viallet


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